Article de la revue

Avoir le courage d’identifier l’appel !

Publié le 18/09/2010

François-Daniel Migeon : « Avoir le courage d’identifier l’appel »

19-20 mars 2010 : François-Daniel MIGEON, directeur général de la modernisation de l’État. 28 èmes Assises Nationales « Tenir le Cap », des Entrepreneurs et Dirigeants Chrétiens (EDC) au parc des expositions Micropolis de Besançon, France
March 19-20, 2010 : François-Daniel MIGEON. 28th Assises Nationales. Micropolis Conference Center, Besançon, France

Imaginons un instant une nation dans laquelle aurait lieu chaque jour, dans toutes les organisations – à vocation marchande ou pas – une rencontre. Une rencontre sans spectacle mais profonde. D’un côté, un dirigeant qui a résolument opté pour un leadership authentique, au service d’une mission clairement articulée,objective et utile, compatible avec notre bien commun. De l’autre, une personne consciente de la dignité de son travail, ayant appris à articuler sa propre vocation professionnelle et à y être fidèle, indépendamment des regards des uns ou des autres.

Le temps de cette rencontre se nouerait alors un dialogue vrai et sincère, « véritable choc éthique des consciences et des responsabilités ». Et au terme de cet échange, une transaction – ou pas – pour donner un support formel à une vérité subjective : une personne s’engageant librement à donner le meilleur d’elle-même pour contribuer à accomplir une mission. Ces dialogues ont lieu, mais pas toujours, hélas. Parce que nous avons peur. Nos peurs sont bien connues, inutiles de les lister. Mais elles nous conduisent trop souvent – côté dirigeants – à prendre les symptômes de la performance pour des objectifs et – côté personnel – à se protéger du danger plutôt que de s’engager avec audace. Ceci n’est pas inéluctable… encore faudrait-il que la formation soit bien le processus qui nous interpelle et nous conduise à opter pour une rencontre en vérité. Car si la formation n’est pas au service du développement des personnes qui décident de déployer dans leur existence ce qu’elles se sentent profondément appeler à donner, quel processus le fera ? Mais cela ne sera pas suffisant et il faudrait aussi que nous relevions quatre défis.

Identifier l’appel : premier défi

Avoir le courage d’identifier l’appel, le service à rendre, qui nous pousse à agir au plus profond de notre être, à sortir de nous-mêmes et avoir l’audace de faire ce que nous estimons être la chose la plus importante.

Identifier l’appel : deuxième défi

Ecouter. Combien sommes-nous à savoir pour le compte d’autrui? Sans doute nous, dirigeants, avons notre rôle de conseil et d’orientation, mais s’ancre t-il dans une recherche authentique du bien de la personne à former?

Identifier l’appel : troisième défi

Ne pas confondre développement des talents et affectation sur tel ou tel poste. Ne cherchons-nous pas à ce que chaque personne rentre dans le jardin à la française de nos organisations ? Ne devrions-nous pas plutôt oser différencier, d’une part, l’accompagnement de chacun à réussir sa mission personnelle et d’autre part, la maximisation de la performance de l’organisation en trouvant à ces personnes engagées la meilleure place au sein de l’organisation?

Identifier l’appel : quatrième défi

Dépasser une vision malthusienne de nos organisations. Osons-nous mobiliser tout le potentiel de nos collaborateurs sans peur de ne pouvoir « être à la hauteur » de leurs ambitions ? Sommes-nous convaincus que l’engagement maximal de tous est le principal facteur de croissance et la garantie du développement durable de notre organisation ? Ces défis ne sont pas des moindres et pour les relever, il nous faudrait un petit quelque chose en plus. Certains diraient du temps, d’autres des circonstances favorables… mais n’est-ce pas seulement d’un petit « supplément d’âme » pour regarder chaque personne telle qu’elle est et oublier nos peurs ? ■