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Pierre Guillet : « L’entreprise est un vrai lieu de vie, de partage, de fraternité »

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Pierre Guillet : « L’entreprise est un vrai lieu de vie, de partage, de fraternité »

Entretien

Les Entrepreneurs et dirigeants chrétiens (EDC) réunissent leurs assises nationales du vendredi 15 au dimanche 17 mars à Bordeaux, sur le thème « Réenchantons le travail ! ». Pour Pierre Guillet, leur président, la transparence est la clé pour créer la confiance dans l’entreprise et résister aux coups durs.

 

La Croix L’Hebdo : Vous êtes président des Entrepreneurs et dirigeants chrétiens (EDC) et patron, mais vous avez eu une vie avant de devenir entrepreneur…

Pierre Guillet : J’ai commencé ma carrière dans la finance, dans un fonds d’investissement régional basé à Angers (Maine-et-Loire). J’aidais les PME à investir ou à financer leur transmission. C’était un choix, car j’aimais les chiffres, et cette découverte des PME m’a, à la fois, passionné et beaucoup marqué. D’autant plus que l’entrepreneuriat était déjà présent dans ma vie à travers mes parents.

Racontez-nous…

Pierre Guillet : Mon père avait une petite entreprise spécialisée dans l’accastillage, la réparation, l’hivernage puis la remise à l’eau des bateaux… Avec mon frère, nous l’aidions pendant l’été et nous sommes devenus très bricoleurs ! Notre mère, elle, était infirmière libérale et conseillère municipale de Guérande (Loire-Atlantique), avant d’être élue maire de Mesquer, la commune voisine. Elle jonglait entre ses tournées de soins et ses missions d’élue.

 

Que retenez-vous de cette période ?

Pierre Guillet : Ma sœur, mon frère et moi étions très heureux ! Nous avons grandi avec deux parents très occupés, mais qui nous associaient à leurs activités. Nous avons vu très tôt ce qu’était le travail, sans jamais en souffrir. Mes parents aimaient leur travail, ceux avec qui ils travaillaient et, bien sûr, leurs enfants ! C’est pour cela, sans doute, que je n’aime pas du tout l’expression « bourreau de travail ».

 

Vous-même, avez-vous toujours eu envie d’entreprendre ?

Pierre Guillet : J’ai emprunté cette voie à la suite d’un long cheminement. Mon père est décédé prématurément, à 64 ans, alors qu’il avait commencé à céder son entreprise. J’ai alors été libéré des obligations militaires pour gérer sa succession et mettre un terme au processus de cession qui se passait mal. Avec ma mère, nous avons poursuivi l’activité jusqu’à retrouver un repreneur sérieux, ce qui s’est fait en quelques mois, et aujourd’hui l’entreprise existe toujours.

 

J’en garde le souvenir d’une période intense car j’avais, au même moment, décroché mon premier poste dans le fonds d’investissement qui m’occupait toute la semaine, et où j’avais tout à apprendre. Le week-end, je mettais mon bleu de travail pour m’occuper des bateaux… Un jour, un voisin et concurrent de mon père est venu me dire : « Pierre, si tu en as besoin, je suis à ton service. » Il m’a aidé à mettre des bateaux à l’eau pendant toute la saison. Il est devenu un ami. Cet épisode, ce « petit miracle », a agi comme un révélateur pour moi : dans la vie des entreprises, il y a des personnes capables de s’entraider dans les coups durs, et c’est formidable.

 

Vous n’avez jamais songé à prendre la suite de votre père ?

Pierre Guillet : J’ai senti à ce moment l’envie d’être un jour entrepreneur. Mais je voulais découvrir d’abord des entreprises plus grandes, avec toutes les fonctions : comptabilité, marketing, finance, commercial… Après mon mariage, nous sommes partis vivre en région parisienne où j’ai occupé pendant quinze ans plusieurs métiers dans la finance.

Ma première occasion de racheter une entreprise n’est pas allée à son terme. Mais je m’y étais formé et, comme j’avais lâché mon emploi de salarié, j’étais libre et face à un océan de possibilités. J’ai décidé de regarder cette situation potentiellement vertigineuse comme une opportunité. Cela m’a conduit à m’interroger sur mes propres talents, ce que l’on fait rarement car, souvent, on se laisse guider par le flux des rencontres, des études, du premier emploi qu’on décroche, sans forcément chercher à savoir s’il correspond vraiment à ce qu’on veut ou ce qu’on aime.

Sur quoi cela a-t-il débouché ?

Pierre Guillet : J’étais bricoleur, j’aimais les chiffres et le commerce, mais sans être un créatif avec une idée géniale justifiant de créer ma propre affaire. J’ai donc cherché à reprendre une entreprise fabriquant des produits techniques, quel que soit le secteur. J’en ai identifié 200, puis 40. Sur ces 40, j’ai reçu trois réponses de patrons prêts à céder leur affaire.

 

Mon choix s’est alors simplement porté sur l’entreprise du premier qui a répondu à mon offre, spécialisée dans la détection des fuites de gaz. J’ai appris ensuite que ma proposition financière n’était pas la plus élevée, mais qu’il m’avait choisi parce qu’il avait confiance en moi. Cela a été une sacrée leçon sur la confiance dans la vie en entreprise, que j’ai à nouveau vécue par la suite. Quelques années plus tard, en effet, j’ai racheté une autre société, qui avait conçu un logiciel...

 

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