Dans les médias

Chronique des EDC sur RCF – Qui est Jean-Dominique Senard ?

Publié le 24/01/2019

Retrouvez la chronique du 22 janvier de Jean-Marie Valentin, président des EDC à Paris sur RCF

 

J’ai vu fleurir ce titre dans la presse ces derniers jours depuis que Jean-Dominique Senard est pressenti pour remplacer Carlos Ghosn à la tête de Renault, après avoir présidé aux destinées du groupe Michelin. Or j’ai eu l’occasion d’échanger à plusieurs reprises et encore récemment avec Jean-Dominique Senard, de sorte que j’ai mon idée sur la question :  il est pour moi le modèle même du « grand patron ».

C’est quoi un grand patron ? La réponse n’est pas si facile !

S’agit-il pour être un grand patron de diriger une grande entreprise ? Non, je ne le crois pas. Cela fait de vous le patron d’une grande entreprise. C’est déjà pas mal, mais c’est tout. Faut-il alors démontrer une grande intelligence, une capacité d’analyse ou de travail exceptionnel, une compréhension fine du monde, de sa complexité, de ses acteurs et de son organisation ? Pas plus. Cela vous donne simplement les moyens d’assumer vos responsabilités. Faut-il déployez son autorité sur tous les continents et veiller à des intérêts industriels et financiers considérables ? Pas d’avantage. Cela donne juste la mesure de votre responsabilité.

Parce qu’à chaque fois que je l’ai rencontré, à l’instant où je suis entré dans son bureau, je suis devenu le centre exclusif de son intérêt, en dépit des responsabilités considérables qui sont les siennes et de la médiocrité de ce que je pouvais bien lui raconter. Parce qu’à chaque fois qu’il évoque une idée, il le fait avec humilité et délicatesse en dépit de son extraordinaire expérience et de son autorité naturelle, comme s’il restait fondamentalement en recherche de la vérité et convaincu qu’il ne la possèderait jamais seul.

Une délicatesse telle, que lorsque nos entretiens s’achèvent, il me raccompagne systématiquement jusqu’aux tourniquets de l’accueil, comme si j’étais l’hôte le plus important de la journée ! Parce que constamment sollicité par d’autres – des plus jeunes, aux ministres (on se souvient du rapport Senard – Notat sur le sens de l’entreprise) il s’efforce d’y répondre, inscrivant sa réflexion et son action dans l’intérêt général, vivant son rôle de patron en serviteur.

En réalité, Stéphanie, si Jean-Dominique Senard est un grand patron, c’est parce qu’il voit dans ses collaborateurs de grands collaborateurs, qu’il donne à ce qu’il fait du sens et aux entreprises qu’il dirige, une raison d’être. De sorte que nous pouvons tous aspirer à devenir un grand patron !

C’est sans doute un grand patron qui sait que la grandeur de ses collaborateurs vient du bon Dieu et que le moment venu il lui sera demandé « qu’as-tu fait de tes frères ». Et quand on voit la dureté de notre monde et la responsabilité des acteurs économiques que nous sommes, on aura intérêt à apporter de bonnes réponses, si on ne veut pas passer notre vie éternelle très loin du bon Dieu !