Eclairage de fond

Le rôle des communautés intermédiaires dans le bien commun 

Publié le 24/04/2017

Toutes les communautés intermédiaires, parmi lesquelles toutes les entreprises, participent à la réalisation du bien commun lorsque…

Les communautés intermédiaires contribuent au développement du bien commun des communautés plus larges auxquelles elles appartiennent : leur groupe si elles sont filiales, leur région, leur pays… et ultimement l’humanité tout entière.

« L’ordre résultant, comme l’explique si bien saint Thomas, de l’unité d’objets divers, harmonieusement disposés, le corps social ne sera vraiment ordonné que si une véritable unité relie solidement entre eux tous les membres qui le constituent ». Pie XI, « Quadragesimo anno »

Par volonté d’indépendance, une entreprise peut vouloir s’affranchir du bien commun. Cette volonté d’indépendance peut entraîner une volonté de reprise de contrôle par les entités supérieures. Cette reprise de contrôle entraîne une  perte d’autonomie de l’entité inférieure.

Les communautés intermédiaires donnent à chaque personne l’occasion de se réaliser[1].

Ainsi que le précisait Jean-Paul II :

« Le caractère social de l’homme ne s’épuise pas dans l’Etat, mais il se réalise dans divers groupes intermédiaires, de la famille aux groupes économiques, sociaux, politiques et culturels qui, découlant de la même nature humaine, ont – toujours à l’intérieur du bien commun – leur autonomie propre ».
Jean-Paul II, « Centesimus annus »

Quand une communauté ne contribue pas au bien commun, elle prive ses membres de la possibilité de participer au bien de tous. 

Les communautés intermédiaires rendent les libertés concrètes.

« Là où ces corps intermédiaires font défaut ou sont peu développés, la communauté nationale peut être la proie de quelques individus qui s’arrogent un pouvoir exagéré dans le domaine économique, social ou politique ; ou bien être la proie des pouvoirs publics, car ces pouvoirs, sans structure sociale assez solide pour contrarier leur prolifération, envahissent le domaine privé et finissent par ignorer ou même violer les droits fondamentaux de la personne humaine »
Paul VI à la semaine sociale du Chili, décembre 1963.

En effet, sans corps intermédiaires les personnes deviennent de plus en plus dépendantes de l’Etat. Etant moins actrices, plus dépendantes, elles perdent en proportion le sens de leur rôle dans la communauté et jugent l’action de l’Etat comme un droit.

Le sens du devoir ne s’acquiert qu’à travers la responsabilité exercée au sein des familles, de son entreprise, d’associations… de petites actions[2].

Les communautés intermédiaires permettent aux personnes de s’associer pour atteindre des buts notamment pour se protéger[3].

« La création de bon nombre d’associations ou corps intermédiaires, capables de poursuivre des objectifs que les individus ne peuvent atteindre qu’en s’associant, apparaît comme un moyen absolument indispensable pour l’exercice de la liberté et de la responsabilité humaine ». Jean XXIII, « Pacem in terris »

Les communautés intermédiaires développent la souplesse et la capacité d’adaptation de la société.

Dans le sens de la subsidiarité, les questions sont traitées au plus près du terrain.

Article extrait du Cahier des EDC Bien commun et entreprise
[1] Dans les visions libérales-libertaires l’homme se construit tout seul. Il cherche à « se réaliser » seul indépendamment des autres. Les autres ne sont plus une fin, mais des moyens, voire des instruments de la construction de chacun.  Régulièrement, des modes plus ou moins proches de cette philosophie apparaissent, notamment autour du développement personnel. Cela peut être à la source de pratiques en entreprise, qui ne sont qu’utilitaristes, en s’appuyant sur l’individualisme ou sur une idéologie de rejet de l’autorité (mal comprise).
Paradoxalement, devenir soi devient difficile.  Comment être soi sans les autres ? Comment se construire indépendamment de toute relation ? La défiance ne rend pas heureux, l’individu seul non plus si le « collectif » n’existe pas autour de lui.
Le bien commun est alors vu comme addition des biens individuels. Certains penseurs considèrent qu’il est un piège car il pousse à se dévouer pour un bien qui n’est pas le sien, qui est imposé.
[2] Le bien commun s’apprend dans la famille. L’enfant puis l’adulte se construit et vit grâce aux relations existantes d’abord dans sa famille puis très vite dans les autres communautés qui vont l’accueillir : L’école, la paroisse, les clubs de sports, ….. C’est dans ces communautés et tout particulièrement dans la famille, que chacun peut apprendre à exister pour les autres et pas seulement pour lui.
Tous ces liens « naturels » doivent être préservés. En effet, la personne qui n’en bénéfice pas aura beaucoup plus de mal à construire ses repères et à recevoir sa part des richesses matérielles et spirituelles offertes par la société.
C’est pour cela, qu’Aristote rappelle que le bien commun politique ne peut être réalisé que si la famille peut le réaliser d’abord. Nous pourrions ajouter que si l’entreprise peut le réaliser d’abord.
[3] La conséquence de la loi le Chapelier et du décret d’Allarde supprimant toutes les corporations et structures intermédiaires fut l’explosion de la question sociale.  Ces organisations n’étaient pas parfaites mais protégeaient les ouvriers en leur permettant de s’organiser.