Article de la revue

Dirigeants Chrétiens n°105 – La raison d’être de l’entreprise : slogan ou opportunité ?

Publié le 05/03/2021

La raison d’être de l’entreprise : slogan ou opportunité ?

« Toute entreprise a une raison d’être », fût-elle uniquement lucrative, nous dit un intervenant de ce dossier. Mais depuis la loi Pacte de 2019, l’entreprise a la possibilité, optionnelle, de formuler et d’inscrire sa raison d’être dans ses statuts.

Une évolution qui s’inscrit dans une réflexion plus générale sur une meilleure gestion de l’entreprise, au-delà de sa dimension financière, souligne Pierre de Lauzun dans l’édito de ce numéro.

Les entrepreneurs et dirigeants qui témoignent dans ce dossier ont choisi de se saisir de cette possibilité et d’élaborer la raison d’être de leur entreprise.

En partageant leur réflexion et leur expérience, ils nous montrent que ce qui pourrait n’être qu’un simple slogan peut, au contraire, devenir l’occasion, pour l’entreprise et sa vocation, de se mettre au service du bien commun.

 


Entretien croisé

Une notion audacieuse

Depuis 2019, la loi Pacte permet aux entreprises d’inscrire dans leurs statuts une raison d’être « constituée des principes dont la société se dote et pour le respect desquels elle entend affecter des moyens dans la réalisation de son activité ». Beaucoup se sont saisies de cette disposition optionnelle. Mais qu’est-ce exactement qu’une raison d’être ? Comment la définir ? qu’est-ce qu’implique le fait que cette démarche soit optionnelle ? En période de crise, que révèle-t-elle ? Qui associer à son élaboration et comment ? quels fruits peut-elle porter ? Quels enjeux pour les chrétiens ? Xavier Hürstel et le père Jean-Rémi Lanavère partagent leurs questionnements et leur expérience. Extraits.


Xavier Hürstel,
directeur général adjoint du groupe
Aéroports de Paris, chargé du développement

Père Jean-Rémi Lanavère,
prêtre à la communauté Saint-Martin,
chargé des études de philosophie

 

 

 

 

A lire en intégralité dans la revue.


Témoignage

« D’abord l’engagement »

Bernard Delpit, directeur financier du groupe Safran et membre de l’équipe EDC Paris-Wagram.

Chez Safran, nous avons défini la raison d’être en mentionnant en premier lieu l’engagement des collaborateurs de l’entreprise et en rappelant notre volonté de contribuer au développement d’un transport aérien sûr et respectueux de l’environnement…

La formulation est passée par plusieurs itérations, via le comité exécutif, après consultation des salariés qui ont été invités à se prononcer à partir de mots-clés et à proposer des contributions.

J’ai trouvé cette démarche intéressante, par l’implication commune des collaborateurs et des organes de gouvernance – qui ont décidé de ne pas inscrire la raison d’être dans les statuts de l’entreprise, une décision sage en raison des risques juridiques d’une telle démarche.

Le principe de subsidiarité, qui me tient à cœur, se retrouve à travers la notion de contribution des collaborateurs. Le fait de rappeler que l’intérêt social de l’entreprise se situe dans un cadre plus large est important pour tous ceux qui s’efforcent d’assurer la cohérence entre leur activité professionnelle et leurs convictions. Cela rejoint mes propres réflexions de dirigeant et de directeur financier dont le rôle ne peut se borner à la seule optimisation des indicateurs financiers. (G. D.)


Regard d’un conseiller spirituel

Rendre une raison d’être

Père Marc Fassier, maître de conférences à l’Institut catholique de Paris et conseiller spirituel de l’équipe EDC Roissy Paris Nord

Quand Pierre exhorte les premiers disciples du Christ à rendre raison de leur espérance, il veut les aider à attester de la source de leurs actions. Dans l’esprit de Pierre, « rendre raison » correspond à l’idée de pouvoir exprimer ce qui motive la vie de l’être profond au cœur de la réalité et devant les autres. Pour le croyant, le témoignage de la foi correspond à cette capacité de rendre raison de ce qui motive ses choix de vie, qu’ils soient des choix personnels, familiaux, sociaux et économiques, des choix individuels ou collectifs. Il le fera en inscrivant à la racine de ces choix le désir de sanctifier dans son cœur « le Christ qui est Seigneur » (1P 3, 15a). (…)

 

 

 

 

 

A lire en intégralité dans la revue


Billet du conseiller spirituel national

Être de foi et raison

Le père Vincent Cabanac, aa, conseiller spirituel national des EDC.

Grande est la tentation de dissocier notre dimension spirituelle de notre être rationnel, surtout quand il faut définir le sens et le cadre de notre vie. Sous la pression de l’actuelle crise sanitaire, nous sommes conduits à avoir une approche contingente au risque de ne plus prendre en considération notre raison d’être ! 
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