Eclairage spirituel

Bible : Le bien commun, un concept transcendant

Publié le 24/04/2017

Le bien commun est une notion qui peut facilement être aplatie et vidée de sa substance. On la confond parfois avec l’intérêt général. Pire encore, on réduit le bien à la matérialité : le bien commun serait par exemple l’eau ou l’air. La Bible nous aide à en découvrir le sens plénier.

Dieu, l’auteur du Bien, crée la terre puis l’homme afin que ce dernier soit heureux et qu’il vive en harmonie avec son Créateur. Après le péché originel, Dieu continue de l’instruire et de l’orienter pour qu’il soit artisan du bien et serviteur de ses frères.

Le bien commun est compris comme 
une voie royale tant dans l’Ancien que
 dans le Nouveau Testament. Pensons
 au don de la Loi sur le Mont Sinaï ; 
Moïse est institué pour la délivrance et le bien de tous, et ce bien consiste
en un chemin de salut et de bonheur;
il se concrétise par l’observation d’une
loi qui règle l’agir quotidien au moyen de préceptes : « le Seigneur nous a ordonné
de mettre en pratique toutes ces lois, afin de craindre le Seigneur notre Dieu, d’être toujours heureux et de vivre, comme il nous l’a accordé jusqu’à présent » (Dt 6,24).

La marche vers le bien commun suppose de la créativité, de l’invention, de l’initiative.

Mais la marche vers le bien commun n’a pas seulement un contenu réglementaire. Elle suppose de la créativité, de l’invention, de l’initiative. Le bien commun se présente idéalement comme une imitation de Dieu, lui qui a le souci de tous : « Soyez saints car moi votre Dieu je suis saint » (Lv 19). Dieu est providence ; il est le modèle de l’agir parfait. Sa grandeur se manifeste par des dons répétés et toujours orientés dans le sens de la vie : la manne et les cailles, l’eau jaillie du rocher, le don de la terre promise, l’envoi des prophètes.

Les prophètes vont être des artisans puissants de perfection et de sainteté en défendant le droit des faibles, la justice et le bien d’Israël.

Ils sauront progressivement relativiser l’importance des sacrifices rituels et ils insisteront davantage sur la justice et la miséricorde. Mais surtout ils enseigneront une loi de miséricorde qui surpasse la justice des hommes. Dans l’Évangile, la miséricorde du Père devient le principe de bien qui s’impose presque uniquement : «Soyez miséricordieux comme votre père est miséricordieux » (Lc 6,36). Finalement c’est Jésus-Christ qui, par le don de lui-même, offre le salut aux hommes et se propose comme le modèle et l’archétype du bon serviteur : « Comprenez-vous ce que je viens de faire ? », dit Jésus après avoir lavé les pieds de ses apôtres.

De telles orientations donnent au concept de bien commun le contenu dynamique et une dimension de perfection qui en font un concept transcendant. Elles expliquent la définition que donna jadis le Concile Vatican II à cette notion : « L’ensemble des conditions qui permettent tant aux membres qu’au groupe d’atteindre plus aisément et plus rapidement leur perfection » (Gaudium et spes, n° 26).

Pierre Coulange