Eclairage de dirigeants

Témoignage des EDC de Bruxelles durant le confinement

Publié le 27/04/2020

Comme souvent avec ce beau pays, la Belgique gère cette période « à la Belge ». Cela commence évidemment sans gouvernement, car depuis plusieurs mois maintenant les communautés et partis politiques belges n’étaient pas en mesure de trouver un Gouvernement Fédéral de coalition.

Donc la gestion de la pandémie n’a pas manqué au moins au départ d’être l’objet des tiraillements communautaires habituels, et cela s’est débouclé avec la nomination d’un Gouvernement temporaire « spécial COVID » et la nomination d’une première ministre néophyte dont peu de belges avaient entendu parler jusque-là. Mais du coup des décisions sont enfin arrivées, et nous sommes entrés officiellement en lock-down le 17 mars.

Ecoles, et commerce fermés, mesure de distanciation sociale, etc. Mais là encore, « à la Belge », c’est à dire avec simplicité et bienveillance, loin du formalisme guerrier « à la française » qui fait clairement sourire ici. Ce qui de facto rend quand même cette période de confinement plus facile à vivre probablement, ce d’autant plus qu’une fois n’est pas coutume, nous profitons d’un grand ciel bleu ou presque depuis plus d’1 mois! Même l’Eglise de mon quartier reste ouverte, même si les offices n’ont plus lieu évidemment.

Comme partout, le télétravail est devenu la norme, les usines ont fermé, la plupart des commerces aussi. Mais il a fallu du temps avant que des actions de soutien claires apparaissent, et là toujours, appréhendée au niveau régional plus que fédéral : typiquement il a fallu attendre le 20 mars pour que la Flandre mette en place des mesures de chômage partiel sur la base de la force majeure.

Jusque là il fallait obtenir d’abord un statut de « distressed business », ce qui prenait beaucoup de temps. Du coup d’ailleurs les statistiques de chômage partiel ont explosé, plus d’1 million de personnes soit 10% de la population! Et les soutiens bancaires tardent à venir: j’entends encore mes banquiers m’expliquer récemment qu’ils ne sont pas encore clairs aujourd’hui sur la façon dont les lignes de crédit gouvernementales vont se mettre en place. Mais ici tout fini toujours par arriver.

Officiel depuis le 15 avril, le confinement devrait se terminer le 3 mai, mais la reprise sera lente: tous les examens des écoles sont annulés d’ores et déjà, les réunions publiques et festivals très prisés pendant l’été aussi. Donc il va falloir attendre encore pas mal de temps avant qu’une vie normale ne revienne, comme partout je pense.