Témoignage d'un membre des EDC

« Plus on a de responsabilités dans une entreprise, plus l’on est au service des autres. » 

Publié le 23/03/2017

Créée en 2006, l’entreprise Handynamic vend, loue et aménage les véhicules pour transporter les personnes en situation de handicap. Dès la création, les trois associés cofondateurs ont opté pour un management collégial et solidaire à trois. La mission d’Handynamic est triple : donner le conseil d’expert ; offrir un large choix de solutions et proposer un prix imbattable. Son dirigeant Sylvain Mas témoigne de l’application de la subsidiarité dans l’entreprise.

La société Handynamic est née d’une mort et d’une résurrection. Après avoir été révoqué « ad nutum » en 2006, je suis passé par un temps de la mort : Il y a d’abord eu le temps de l’angoisse : des peurs incontrôlables surviennent au volant, la respiration qui s’accélère… Puis il y a eu le temps de l’humiliation : voir sa femme et ses enfants souffrir est plus dur que sa propre souffrance. Et enfin, le temps de la trahison : trahi par mes pairs, c’est tout mon système de valeur qui s’écroule.

C’était au moment où Sylvain Mas était le plus fragile que « le Seigneur est venu me chercher et c’est lorsque je lui ai confié les rênes de ma vie que la résurrection a commencé. Il a mis sur ma route les personnes qui m’ont permis de m’en sortir » confie-t-il.

Ca n’a pas été facile et il a fallu une certaine dose de courage.

Plus détaché des choses matérielles, plus proche d’un esprit de pauvreté – vivre sa foi en un Dieu vivant est différent de seulement pratiquer sa religion…, il a fait la rencontre de ses deux futurs associés : « nous avions envie de bâtir quelque chose ensemble et nous avons trouvé une complémentarité qui fonctionne. Notre premier moteur est l’humain au cœur de l’entreprise. »

La première chose à faire pour remettre l’homme au cœur de l’entreprise est de prendre soin de ses collaborateurs. La considération, l’attention, la déférence que je donne permettent à l’autre de trouver un chemin de dignité.

Nous sommes passés du management de l’homme au ménagement de l’homme et cela crée le lien social. Ecouter et prendre soin des collaborateurs stimule le lien social dans les équipes et crée un véritable avantage compétitif. »

Au service commercial, les collaborateurs entendent ce que dit le dirigeant, voient les clients qu’il reçoit. L’open space favorise une bonne communication et une bonne compréhension du travail : toute nouvelle recrue est immédiatement « dans le bain ». Chaque chargé d’affaires suit ses dossiers du début à la fin.

«  Aujourd’hui, plus de la moitié de mes collaborateurs me dépassent ! Voir les personnes gaies et joyeuses est émouvant. Je suis heureux de recevoir régulièrement des demandes pour venir travailler chez nous et d’entendre « Des boîtes comme la vôtre, ce n’est pas croyable ! » »

Message aux dirigeants chrétiens : « Plus l’on a de responsabilités dans une entreprise, plus il faut se dire qu’on est au service des autres. C’est valable également dans le domaine politique, le contexte familial…  

« Ma première mission est d’être au service de mes collaborateurs.

Je suis disponible, à côté d’eux, prêt à aider, à rassurer. Je réponds à des questions par des questions afin qu’ils apprennent à faire eux-mêmes. J’affecte les demandes reçues par Internet aux chargés de clientèle qui sont spécialisés (minibus, véhicule d’occasion…) quoi que chacun d’entre eux sache tout faire. Cela est très bien pour une activité qui fait du one-to-one et qui ne propose pas de solutions standard à des personnes dont les besoins, inhérents à leur handicap, sont très différents. La subsidiarité pour des solutions sur mesure.

Avec ce système, on arrive à une pyramide inversée. C’est le dirigeant qui est au service de ses collaborateurs et nous n’avons que trois niveaux hiérarchiques. La charte de l’entreprise a été écrite il y a quelques années par tout le personnel réuni en séminaire. Sa lecture est un préalable à l’embauche. »