Pays de la Loire

Retour de la Matinale du 14 juin des EDC44 sur le thème « L’entreprise libérée » avec Christophe Collignon

Publié le 25/06/2018

Notre monde se transforme à grande vitesse. Selon une étude récente, « 40% des métiers vont être robotisés ». Les ruptures technologiques, l’émergence de conceptions transhumanistes déstabilisent nos raisonnements. D’où la question : « Dans mon entreprise, quel est le niveau d’énergie que je  consacre  à l’innovation sociale ? ». Le monde qui nous entoure est devenu volatile, incertain, complexe, ambigu. Les jeunes qui intègrent nos entreprises ne comprennent pas pourquoi il faudrait «  passer par A pour aller à B ». « L’entreprise des pairs remplace celle du père ! ». « Pourquoi j’accepterais l’ordre établi dans votre entreprise ? ».

Nos entreprises ont été organisées pour utiliser « de la main d’œuvre », aujourd’hui, nous avons besoin de « cerveaux d’œuvre, d’émotions d’œuvre ». Quel que soit le métier, nous leur demandons de réfléchir. C’est la fin de l’organisation « en silos ».

A la révolution industrielle succède la révolution informatique. Le management par objectifs, la « corporate » gouvernance ont été à l’origine de « jeux de pouvoirs » qui ont conduit à ne plus avoir de vision collective. C’est typiquement le cas des entreprises qui n’ont pas de concurrents. Nous avons constaté une montée des risques psycho-sociaux.

Dans l’entreprise, les personnes « engagées » seraient une minorité (6% en France selon l’institut Gallup). 69% seraient « désengagées », tandis que 25% seraient « activement désengagées ». Conséquence : penser de nouvelles formes d’organisation. « L’art du dirigeant, c’est de savoir relier ses tribus ». Du mode hiérarchique, où le nœud prime sur le lien, Christophe COLLIGNON propose de passer au mode « neuronal » où le lien prime sur le nœud.

Analysant les besoins des humains au travail, il en privilégie trois :

  • le besoin d’autonomie,
  • le sentiment d’appartenance,
  • et l’impératif du développement personnel.

Selon des études d’opinion, la rémunération n’arriverait qu’en 4ème ou 5ème position.

« L’amour que je porte à mon travail me rend bon dans mon travail !». C’est au dirigeant d’entreprise de créer un environnement qui permette à ses collaborateurs (trices) de donner du sens. « L’entreprise libérée libère le pouvoir d’agir des hommes et des femmes ». « Comment peut-on être soi-même si on ne réalise pas une œuvre ? ».

Confiance et Responsabilité entraînent Performance, Innovation et Bonheur. Nous devons appliquer nos convictions :

  • Confiance,
  • Subsidiarité,
  • Intelligence collective,
  • Force du volontariat,
  • Chacun peut apprendre,
  • La transparence,
  • On peut tous être créatifs.

Un groupe est plus intelligent qu’un individu tout seul. Le constat d’un effet vertueux : « on ne s’oppose pas à ce qu’on a construit ensemble ». Une carence récurrente de l’ancien système « On a oublié de dire quelle cathédrale on construisait ! ». « Donner de la liberté d’action », encadrée par des valeurs, en précisant où se situe la « ligne de flottaison ».

Alors, comment responsabiliser ? Une réflexion personnelle : « Quels sont les signes de pouvoir indu qui vous agacent vraiment ? Voici des pistes :

  • Rendre autonome,
  • Etablir une égalité intrinsèque,
  • Permettre de Grandir en donnant de la formation et de l’information,
  • Affirmer le Droit à l’Erreur,
  • Fluidifier (être leader et coach)

« Pour mener le changement, il faut impliquer tout le monde ».

Il existe de puissantes forces de retour en arrière : les « tenants du système historique », certains cadres qui redoutent la perte de leur pouvoir. Une condition essentielle : la cohérence du projet.

Faire adhérer en utilisant le langage des personnes concernées et non la vision « corporate » :

  • « Ce n’est pas du tout un fleuve tranquille ».
  • « C’est une belle aventure humaine ».

Notes prises au cours de la Matinale par Jean-Pierre Peuzé.