Nord-Pas de Calais

Synthèse des réunions d’équipe de préparation des assises régionales

Publié le 09/10/2017

Rappel du thème de nos assises :

Frédéric Salomé, auteur et lecteur de la synthèse

« Quelles contributions, quelles actions concrètes du patronat chrétien de la région à la pensée sociale chrétienne ? »

Le thème de cette journée nous est venu en regardant dans le rétroviseur… en nous tournant vers le passé avec respect pour nos prédécesseurs.

Aller voir la fresque dans le hall de la Chambre de Commerce Lille !

  • Au XIXème siècle : suppression du travail de nuit des femmes, journée de dix heures, repos dominical, logements ouvriers, sur – salaire ouvrier selon le nombre d’enfants, caisses de chômage et de retraite, syndicalisme chrétien mixte,…
  • Au XXème siècle : 1 % patronal, actionnariat salarié, campagne contre la corruption, …
  • Et nous, au XXIème siècle, quelle sera notre contribution ???

Ce thème a été l’occasion pour nous de découvrir ou redécouvrir la pensée sociale chrétienne : c’est une doctrine vivante qui s’enrichit des initiatives de communautés chrétiennes sur ces questions sociales et les EDC sont une de ces communautés.

Cette pensée sociale chrétienne s’articule autour de 6 principes :

  1. La dignité de la personne humaine
  2. Le bien commun
  3. La destination universelle des biens
  4. La subsidiarité
  5. La participation
  6. La solidarité (l’option préférentielle pour les pauvres)

Nous vous avons proposé d’avoir une réflexion en équipe sur cette question :

Quelle influence la pensée sociale chrétienne a (ou devrait avoir) dans ma vie de chrétien ? de dirigeant ?

Je vais m’efforcer de vous présenter une synthèse des contributions écrites de 8 équipes. Merci à celles-ci !

1. Parmi ces 6 principes, le premier qui a retenu votre attention est le principe de subsidiarité :

  • Rappel de ce principe de subsidiarité : une responsabilité doit être prise par le plus petit niveau d’autorité compétent pour résoudre un problème. Ne pas faire à un échelon plus élevé ce qui peut être fait à un échelon plus bas : dire quoi faire… mais pas comment faire !
  • Une équipe a dit que ce principe était d’abord à appliquer en famille : cela peut devenir ainsi un réflexe – Beaucoup ont pris conscience qu’ils faisaient de la subsidiarité sans le savoir !
  • Importance de plus en plus accrue de donner du sens dans nos entreprises : est-ce que ce que je décide est bon pour la collectivité dont j’ai la responsabilité ? nécessité d’avoir une vision, vision partagée – Importance des valeurs : être clair avec les valeurs, les afficher, les incarner, les communiquer – Parfois existence de chartes – Valeurs souvent évoquées : esprit de solidarité, bienveillance (dire que l’amour est central dans l’exercice de ses fonctions), simplicité, vérité (savoir aussi dire ce qui ne va pas), performance avec souvent un partage des performances – Le dirigeant est invité à mettre des mots sur ces valeurs et à vivre ces valeurs – Economie de communion : redistribuer une partie du bénéfice, limiter l’impact environnemental, promotion d’actions responsables.
  • Nécessité de fixer et garantir un cadre… favoriser l’autonomie des collaborateurs cadre clair connu de tous afin que ce qui est vécu à l’intérieur de ce cadre soit le plus libre possible – point de vigilance : ne pas être tenté de prendre des décisions à la place des collaborateurs – c’est libérateur pour le collaborateur : recevoir la confiance de son dirigeant est une démarche libératrice, cela donne le droit à l’initiative mais aussi le droit à l’erreur – culture positive de l’erreur – miser d’abord sur le capital humain – acte managérial clé : délégation … authentique sans oublier le devoir de l’évaluation a posteriori
  • Partager le savoir : trop souvent on fait de la rétention d’information (pour accroître son pouvoir !…) – valoriser les collaborateurs et donc les fidéliser – bien fixer préalablement le niveau de compétences de l’équipe
  • Le tout porté par le savoir-être du dirigeant : qualité du dialogue au quotidien, soigner ses paroles, ses regards, ses sourires, veiller à l’échange
  • La subsidiarité permet aux collaborateurs de s’accomplir, de se réaliser et de se développer
  • … et cependant il y a des échecs liés à la peur de certains collaborateurs… d’échouer, de ne pas savoir faire, du changement, des responsabilités, du regard de l’autre : dirigeants et managers, mais aussi les collègues – effet dévastateur de la routine !

2. La solidarité et la dignité de la personne humaine

  • Une équipe a osé aller à la rencontre de sans-abris à Lille et de leur offrir café, sandwiches, biscuits… – l’équipe en a tiré plusieurs apprentissages : chasser ses peurs, cela change le regard sur l’autre – vivre la joie du dialogue, observer la solidarité vécue dans la rue même entre des personnes qui ne possèdent rien – cela a resserré les liens dans l’équipe et aussi de vivre une expérience d’attention à l’autre – et s’il y avait une suite dans l’entreprise en misant sur le bouche à oreille ? utiliser les compétences (commandos bricolage)
  • Redonner un rôle inclusif à l’entreprise : tout homme est co-créateur de l’humanité, chacun doit être utile à la société, chacun doit y trouver sa place – l’Etat ne parvient plus à s’occuper de tous les laissés pour compte et de ce fait l’entreprise doit s’y impliquer encore plus – Enjeu de taille, celui de proposer du travail même aux plus faibles, les moins qualifiés – enjeu managérial car il ne faut pas nuire à la performance et rester équitable avec les autres salariés

3. Le bien commun :

  • Comment faire pour continuer à mettre toujours l’homme au centre… dans un contexte de technologie galopante – pas de réponse toute faite sauf un phare : la défense du bien commun comme repère et une formule : être le gardien de son frère, le gardien de la maison commune.
  • Continuer à soutenir l’enseignement catholique : passerelle entre éducation et entreprise, pour éviter la seule sélection des élèves par l’argent

4. D’autres pistes d’actions citées :

  • La juste rémunération : plafonnement des salaires des dirigeants chrétiens ?
  • Individualisation du temps de travail selon l’âge, les besoins, les envies ?
  • Augmentation de la réserve légale pour recapitaliser les entreprises ?