Eclairage spirituel

Tribune de l’Abbé Yves Gérard : COP 21 : le précieux concours de Laudato Si’

Publié le 30/11/2015

De la 21e conférence nous connaissons l’objectif : « Aboutir, pour la première fois, à un accord universel et contraignant permettant de lutter efficacement contre le dérèglement climatique et d’impulser/d’accélérer la transition vers des sociétés et des économies résilientes et sobres en carbone. » L’encyclique Laudato Si aide à répondre à cet objectif.

Abbé Yves Gérard

Comment ?
Les solutions envisagées sont d’ordre politique, économique et sociétal : les engagements fermes des Etats dans la réduction d’émissions de gaz à effets de serre ; l’engagement des pays les plus riches à aider financièrement les pays plus pauvres dans leur transition énergétique ; la participation de la société civile.

Le précieux concours de Laudato si’

Une véritable lutte contre le réchauffement climatique est à réinscrire dans la visée plus large d’un développement durable dont nous savons qu’il comporte trois volets à honorer ensemble : le social qui de plus en plus se dilate vers le sociétal, l’économique et l’environnemental.

Lecture de Laudato Si’ par les EDC

Le travail de lecture de Laudato si’ par les EDC ré-exprime la contribution souhaitée des entreprises à ce développement durable dans une sorte de feuille de route en trois points :
– Elargir la notion d’écologie jusqu’à une « écologie intégrale » qui nous fasse sortir d’un rapport de domination, d’un regard utilitariste et d’une mentalité court-termiste vis-à-vis de la création et des personnes, toutes dérives dont nous connaissons aujourd’hui les dérives : arbitraire du plus fort, saccage de la beauté de la création et des vies humaines, standardisation des cultures, étroitesse d’un regard technique qui se révèle incapable de saisir les questions fondamentales. Cette écologie intégrale est une véritable tâche politique.
– Redéfinir le « progrès » : il ne peut se tenir de manière durable dans les styles de vie, de production, de consumérisme, de gaspillage, de culture du déchet que nous connaissons aujourd’hui. C’est la tâche de l’éthique et de la culture que de nous aider à  prendre conscience des causes humaines et des responsabilités différenciées dans la question du changement climatique, de la dette écologique des pays du Nord à l’égard de ceux du Sud, de la nécessité d’une autolimitation de nos puissances productives et financières.
– Promouvoir un « nouveau paradigme » : le technico-économico-politique ne peut servir de paradigme à l’aventure humaine et il faut en sortir. Comment ? En réarticulant les trois relations fondamentales de la condition humaine : la relation à Dieu, au prochain et à la terre. Il s’agit bien ici d’un atelier mystique. Il consiste à permettre à l’homme de retrouver sa vraie place en relation à un Père créateur transcendant et unique maître du monde ; en chemin vers sa plénitude avec le Christ qui reconduit toutes choses au Père ; en dialogue avec les autres dans leur différence, en transition vers la vérité toute entière grâce à l’enseignement de l’Esprit-Saint.
Ces trois contributions – politique, éthique, mystique – me semblent devoir être prises dans cet ordre ascendant : l’écologie intégrale nous sauvera de l’ « écologisme », le véritable progrès au profit de la dignité humaine nous sauvera du pragmatisme matérialiste, la mystique nous sauvera de la conscience isolée et autoréférentielle. N’est-ce pas le bon chemin pour que, petit à petit, le PIB s’ouvre sur un BIB (bonheur intérieur brut) ?

 

Abbé Yves Gérard,
conseiller spirituel régional de Lorraine-Champagne-Ardenne