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Retour sur la formation gestion des conflits à Cour-Cheverny

Publié le 13/06/2022

Retour sur la formation gestion des conflits à Cour-Cheverny

Temps fort pour les EDC de la région Centre

Réfléchir à notre manière de gérer les conflits en contemplant la trentaine de cerfs et de biches du domaine de Bois Vert à Cour-Cheverny, voilà un rdv qui aura marqué les esprits et les cœurs.

 

Le vendredi 20 mai dernier, les EDC du Loir-et-Cher proposaient à toute la région, un temps de formation sur la gestion des conflits selon la règle de Saint Benoît. Près de 70 équipiers et regardants étaient venus écouter ce que le fondateur du monachisme en occident avait à nous dire, sur les tensions au sein de nos entreprises ou de nos services du 21ème siècle.

 

Dans un premier temps, Luc Bélière et Didier Caillaud, ont présenté le mouvement à ceux qui le découvraient : sa fraternité, ce lieu de rencontre avec le Christ qui nous permet d’engager nos talents au service du monde et de mettre nos entreprises et nos vies au service du bien commun.

 

Alexandre et Agathe Hubert, nous ont présenté ensuite ce lieu extraordinaire où ils accueillent avec leurs enfants jusqu’à huit personnes âgées en « colocations » pour une alternative à l’EHPAD qui permette de vivre ensemble en petite structure, entourés des bons soins de la maîtresse de maison (accessoirement infirmière), sans avoir à quitter leur campagne, le tout avec comme compagnons du quotidien, la harde de cerfs et de biches du domaine. Sans oublier un gîte pour accueillir les familles en visite à leurs parents et une chambre pour convalescence. Tout ce qu’il faut pour vivre l’Alliance…

Dom Didier Le Gal, moine au monastère de Saint Wandrille depuis 43 ans, ancien économe et prieur, et contributeur à la rédaction de nos fiches repères depuis sept ans, était venu expressément nous partager les richesses de la règle de Saint Benoît pour qui le conflit doit être traité comme une source d’amélioration continue, sans quoi il met en danger la vie du monastère. Une règle que le Pape François rappelait également dans Evangelii Gaudium : un conflit ne peut être ignoré ou dissimulé. Il doit être assumé pour devenir une opportunité de croissance.

 

Une leçon de simplicité et d’humilité pour nous, lorsque Dom Didier Le Gal nous explique que la place du médiateur est déjà dans la règle du 6ème siècle : rien de neuf sous les tropiques !

Des conflits simples, aux conflits complexes, de la faute et de l’erreur, des mesures curatives aux mesures correctives et aux mesures préventives, le frère nous a retracé avec des exemples très incarnés de sa « carrière de médiateur », la manière de préserver la dynamique de la vie, du don, et bien entendu du pardon.

Recevoir, accueillir, transmettre. Un triptyque de verbes qui pourraient nous sembler très communs, mais dans lesquels les blocages viennent faire naître les conflits, les ruptures, les non-dits. C’est là que le processus de médiation à mettre en place doit respecter des règles sûres pour permettre au dialogue de s’installer et à la communion de revenir.

De la posture du médiateur, de l’écoute, du respect des personnes, du temps donné au temps, du silence, Dom Didier Le Gal nous a déroulé les armes de la paix, mais il nous a aussi donné un outil très fiable : « Il n’existe pas de conflits sans clé de lecture dans l’Ecriture… », nous dit-il. A nous donc d’aller puiser à la source.

De la nécessité de la règle dans nos organisations qui met de poser les évaluations.

De la relecture des faits, pour trouver les points de désaccord.

De l’attention aux parties intéressées qui peuvent brouiller les pistes.

Autant de pas, d’efforts à poser pour permettre à la stabilité de revenir et au progrès de fleurir à nouveau. Et surtout, ne faire aucune place au compromis, jeu illusoire d’où rejaillira le conflit plus tard.

Bref, savoir aller au bout, ne rien lâcher, s’appuyer sur le règle et si besoin sur l’expertise du médiateur. Bien plus que l’esprit d’équipe, c’est la profondeur de la communion sous-jacente à nos entreprises qui redonnera la dynamique nécessaire à la poursuite de l’aventure humaine et managériale toujours au service du Bien Commun.

 

Et pour laisser cet enseignement magnifique s’inscrire doucement dans nos mémoires, quoi de mieux que ce temps de prière auprès de la Croix et que ce buffet si convivial partagé auprès des cervidés du domaine de Bois Vert. De quoi construire nos souvenirs communs et laisser émerger les solutions dont nous avons tous besoin tôt ou tard…