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La Croix – Les Entrepreneurs et dirigeants chrétiens se félicitent de la réforme du droit du travail

Publié le 01/09/2017

ENTRETIEN. Laurent Bataille, président des Entrepreneurs et dirigeants chrétiens (EDC), PDG de Poclain Hydraulics, se félicite de la réforme du droit du travail annoncé par le gouvernement. Elle encourage, selon lui, le « dialogue social de terrain ».

Quelle est votre première réaction après la présentation par le gouvernement des ordonnances réformant le droit du travail ?

Laurent Bataille : Tout cela va dans le bon sens et c’est de nouveau un message positif qui est
adressé au monde économique. Il y a un mot que je retiens, c’est celui de confiance, sous-jacent à
tout ce qui a été présenté. Comme dirigeant chrétien, cela me plaît bien. C’est nouveau.
Place donc au pragmatisme. Avec la possibilité qui est donnée d’organiser des référendums dans les
petites entreprises et de signer des accords d’entreprise avec des élus non mandatés par un
syndicat, on revient aux discussions sur les vrais sujets et au dialogue social de terrain. C’est une
grande avancée, car aujourd’hui le dialogue social est trop institutionnel et souvent purement formel.
Quand on dirige une petite entreprise, on fonctionne beaucoup à la confiance.

Quelles sont les principales mesures que vous retenez ?

L. B. : La fusion des instances représentatives du personnel dans les entreprises est une bonne
chose. Idem pour la mise en place d’un barème des indemnités prud’homales, qui va ôter une
source d’inquiétude à beaucoup de chefs d’entreprise.
Comme dirigeant d’une multinationale, je suis également satisfait de voir que les licenciements
économiques seront appréciés au niveau national. Là encore, ce sont des mesures de bon sens.

Le gouvernement n’a-t-il pas voulu surtout aider les plus petites entreprises, au détriment peut-être des autres, les grands groupes et les entreprises de taille intermédiaire comme la vôtre ?

L. B. : C’est vrai, le projet présenté s’adresse beaucoup aux patrons de PME. Tant mieux, car ils ont été tellement accablés ces dernières années, avec tout une série de lois et de dispositions la plupart du temps rigides et parfois inapplicables. Les mesures gouvernementales représentent à cet égard un changement de tonalité, indéniablement.

Cela sera-t-il suffisant pour relancer l’emploi et faire baisser le chômage ?

L. B. : Nous avons devant nous une fenêtre d’opportunité extraordinaire, avec à la fois une amélioration de la conjoncture économique et un nouveau climat, plus favorable aux entreprises. Il faut en profiter, même si beaucoup d’autres facteurs entrent en jeu, notamment la fiscalité et la simplification administrative. Quand je vois comme cela se passe dans les autres pays où mon entreprise est implantée, je mesure le chemin qu’il reste encore à faire en France dans ces domaines

Avez-vous un regret ?

L. B. : Je regrette que le gouvernement ne soit pas allé assez loin dans la possibilité pour les entreprises de négocier des accords en l’absence d’élus mandatés par un syndicat. Le texte se limite aux entreprises de moins de 50 salariés. Le gouvernement aurait pu monter à 100 salariés, de manière à libérer encore plus d’énergie.
Cela ne va pas inciter les chefs d’entreprise proche de 50 salariés à embaucher et à prendre le risque de dépasser ce seuil. Rien qu’en passant de 49 à 50 salariés, les charges augmenteront d’environ 5%.

 

Propos recueilli par Jean-Claude Bourbon pour