Eclairage de fond

La Pensée sociale chrétienne pour éclairer les relations interculturelles

Publié le 03/01/2018

Y a-t-il des valeurs universelles capables d’unir les hommes au sein de communautés professionnelles, et de permettre qu’ils s’épanouissent? Si oui, quelles sont-elles? Comment les discerner ? Telles sont les questions que se posent les membres EDC qui sont exposés dans leur vie professionnelle à des mentalités et des cultures différentes. L’homme reste l’homme, l’homme créé par Dieu à son image.

On pourrait définir la culture par la croyance et la connaissance comme par le comportement des personnes. Alors que la philosophie contemporaine regarde davantage les différences plutôt que ce qui est universel, la Pensée sociale chrétienne s’intéresse à ce qui est commun aux hommes. Car les hommes sont les mêmes, quelle que soit leur culture : « Dans la diversité des cultures, la loi naturelle lie les hommes entre eux, imposant des principes communs. » (CEC, 1957) Ces principes, ce sont la dignité, le bien commun ou encore la subsidiarité qui, dans un pays comme la Roumanie où le mode de management est « top- down », « demande un effort supplémentaire mais a beaucoup à apporter », constate Didier d’après son expérience professionnelle à Bucarest (cf. Revue Dirigeants chrétiens n° 85). Un témoignage qui fait écho à l’invitation du Cardinal Poupard, président émérite du Conseil pontifical pour la culture, à « incarner la foi dans la culture, car la personne humaine est une. »

La « règle d’or », présente dans la plupart des sagesses (précepte bouddhiste, règle confucéenne, hadith musulman…), l’est aussi dans la Bible, sous forme négative : « Le mal que tu n’aimerais pas qu’on te fasse, ne le fais à personne » (Tb 4, 15), comme sous forme positive : « Le bien que tu aimerais qu’on te fasse, fais-le toi-même aux autres » (Mt 7, 12). Si cette règle est « universelle », les différences de mentalité restent cependant des obstacles à la compréhension entre les personnes. Dans les sociétés asiatiques, par exemple, c’est l’harmonie qui est recherchée. Cela peut expliquer pourquoi les Indiens n’aiment pas dire non, déconcertant ainsi leurs managers européens. « C’est un vrai challenge de les amener à faire remonter les bonnes choses comme celles qui fâchent », constate Arnaud, directeur administratif et financier en Inde. « Travailler avec des personnes d’une culture très différente de la mienne, peut-être que ça me rend meilleur comme chrétien ? », s’interroge-t-il.