Eclairage de fond

Les rapports avec les représentants du personnel

Publié le 18/07/2018

Les relations avec les représentants du personnel sont l’occasion de manifester pour le dirigeant l’attention et l’écoute qu’il s’efforce d’apporter à chaque personne et à toutes les parties prenantes. En effet, les représentants du personnel sont à la fois des personnes individuelles de l’entreprise et les porte-parole de la collectivité des collaborateurs.

Se comporter en dirigeant respectueux de la dignité de chacun avec les représentations du personnel en tant que personnes

Tout d’abord dans les rapports avec les représentants du personnel en tant que personnes, trouver les occasions de discuter personnellement, de comprendre leur histoire personnelle et leurs raisons de s’être faits élire ou désigner, recueillir leur vision de l’entreprise, sur la qualité de leur vie au travail, sur leur propre valeur ajoutée et la reconnaissance de leur travail.

Des déjeuners avant ou après les comités d’entreprise ou les conseils d’administration comportant des représentants des salariés, ou des visites de site lors de réunions annuelles du personnel ou des cadres peuvent être autant de lieux d’échanges informels permettant de mieux se connaître et de s’écouter davantage.

Adopter un autre point de vue

L’écoute suppose en effet de savoir adopter le point de vue de l’autre dans le cours de la discussion pour « voir » avec ses yeux la réalité que nous vivons d’un autre point de vue, comme deux personnes perchées sur deux montagnes différentes voient le même paysage différemment. Se déplacer vers le lieu où se situe l’autre est une façon de reconnaître la valeur de son attitude, même si on ne partage pas ses positions, compte tenu de nos places respectives… Il est alors plus facile de se faire comprendre également. Des formations peuvent être mises en place d’un commun accord pour assurer de meilleures conditions de dialogue et de compréhension des enjeux par les représentants du personnel.

Se comporter en dirigeant respectueux de la dignité de chacun dans le dialogue social lui-même

Ensuite dans le dialogue social lui-même, entendre le point de vue de la collectivité des salariés est essentiel. Le point de vue exprimé peut être questionné s’il ne nous semble pas toujours refléter la réalité, sans pour autant déjuger l’interlocuteur. Pour être soi-même crédible, il faut aussi respecter les représentants qui sont désignés par le personnel. Le pire est d’écouter d’une oreille distraite une déclaration « attendue » d’un représentant syndical et de continuer sans en tenir le moindre compte : cf. le marchand dans le souk « Tu ne veux pas discuter le prix, alors je n’existe pas pour toi ! », c’est le pire affront que l’on puisse faire à l’autre.

Accepter une part de mise en scène et jouer le jeu

Il faut accepter une part de mise en scène des discussions avec les représentants du personnel et jouer le jeu. Il est vrai qu’il peut arriver que ce « jeu de rôles » l’emporte sur la finalité de la discussion et que les blocages « prennent en masse » par amalgame de sujets plus ou moins bien traités auparavant, voire extérieurs à l’entreprise. Ou que la volonté – implicite ou explicite – soit d’instaurer un rapport de forces pour « faire plier » la direction. Il ne s’agit pas d’être angéliques ou naïfs, mais de rester dans une attitude de respect de la dignité de l’autre, tant il est vrai que les interlocuteurs se coulent souvent dans l’image que l’on renvoie d’eux (effet Pygmalion).

Poser les désaccords le plus clairement possible

Il s’agit également de poser les désaccords le plus clairement possible et de proposer des solutions, un problème bien posé étant à moitié résolu, tout en ménageant une porte de sortie à ses interlocuteurs pour leur permettre de terminer un conflit, si dur soit-il, sans être humiliés. Discuter sur des bases les plus objectives possibles est toujours une façon de dépassionner et de faire progresser les débats : s’il le faut, rechercher des indicateurs de mesure des sujets soulevés. Il s’agit d’avancer dans la lumière que donne la connaissance de la vérité pour s’en inspirer. « La vérité vous rendra libres » vaut aussi pour l’invention de solutions collectives…

Pour mieux prendre en compte la dignité des collaborateurs, pourquoi ne pas proposer de travailler sur les critères de reconnaissance des personnes au sein de l’entreprise, avec les partenaires sociaux, pour leur donner du « grain à moudre» non chiffrable en monnaie, du domaine de l’humain, du social, voire du gratuit ? Ces discussions, hors du cadre réglementaire, peuvent être très stimulantes pour l’entreprise.

Source : Cahier des EDC La dignité de l’homme au coeur de l’entreprise