Assises nationales 2018

Méditation biblique du Pasteur Edina Pulaï lors de la messe d’envoi des Assises nationales 2018

Publié le 26/03/2018

Hébreux 5 :7-9

7C’est lui qui, dans les jours de sa chair, ayant présenté avec de grands cris et avec larmes des prières et des supplications à celui qui pouvait le sauver de la mort, et ayant été exaucé à cause de sa piété,

8a appris, bien qu’il fût Fils, l’obéissance par les choses qu’il a souffertes,

9et qui, après avoir été élevé à la perfection, est devenu pour tous ceux qui lui obéissent l’auteur d’un salut éternel

 

En lisant les textes de notre Bible il se trouve que quelque fois nous sommes confrontés à une incompréhension. A la 1ère lecture ces 3 petits versets sans son contexte m’ont fait penser à l’histoire du haut fonctionnaire éthiopien quand Philippe lui pose la question : « comprends-tu ce que tu lis ? » (Actes 8 :30) C’est aussi bien de le dire devant vous car souvent nous comptons sur nos conseillers spirituels pour nous éclairer théologiquement et spirituellement dans nos équipes. Même avec l’aide de Saint-Esprit ce n’est pas toujours évident pour nous non plus, personnellement concernant la difficulté du texte j’étais plus rassurée par les versets suivants. On devrait commencer plutôt avec le verset 11 « A ce sujet, nous avons beaucoup à dire, et des choses difficiles à expliquer, … (deuxième partie de la phrase moins sympathique : ) d’autant que vous êtes devenus lents à comprendre. » Deux habitudes de l’auteur de cet épître : il commence par la fin pour expliquer le commencement ; il manie le bâton avant de réconforter.

Nous avons le sentiment d’être plongé dans un monde de pensée étrange. Il nous faut une certaine familiarité avec l’Ancien Testament, le culte sacrificiel du temple et la fonction sacerdotale. Mais surtout, il nous faut s’habituer au mode de raisonnement de l’auteur. Celui-ci nous propose de comprendre la personne et l’œuvre du Christ. Nous voyons le Christ, à la fois grand prêtre et victime du sacrifice, est l’aboutissement de l’Ancienne Alliance.

La Bible nous présente des événements glorieux, pleins de joie, mais aussi des événements douloureux, pleins de souffrance. Le Seigneur nous demande de regarder aux deux: joie et souffrance de notre Sauveur. Depuis Bethléem jusqu’à Golgotha, il a ressenti des choses comme nous. Les Évangiles nous disent qu’il a eu faim, il a eu soif, il s’est mis en colère, il a eu des tristesses, des joies, de la fatigue, son bouleversement devant la mort, et pas seulement la sienne : cf la veuve de Naïn, Lazare. Il a aussi prié.

Il n’est pas venu comme un “superman”, un surhomme capable de résoudre ses problèmes tout seul. Il n’a jamais prétendu être autonome par rapport à Dieu, son Père. Sa force était en Dieu. Son courage, il le puisait dans la prière. Il a pleinement investi son/notre humanité.

Une réalité terrible est devant lui: le supplice de la croix. Il savait depuis le début ce qui l’attendait. Le bon Berger est venu dans le monde pour donner sa vie pour ses brebis. Cet homme si courageux, si fort, il a supplié son Père avec ferveur, avec ardeur. Cela nous encourage à ne pas avoir honte de nos faiblesses. Le Seigneur a versé des larmes avant nous. Il connaît nos angoisses, il en a connu des pires. Il est capable de compassion. Confions-lui nos vies.

Au fond de l’épreuve, Jésus continue à prier. Souvent, dans l’épreuve, nous bloquons, nous nous révoltons, nous arrêtons de chercher Dieu. Lui, il a continué de chercher sa présence, avec encore plus d’intensité. Jésus voit venir la croix redoutable.

Il devra porter sur lui toute la pollution humaine. Il devra se battre contre les puissances des ténèbres. Le gouffre de la mort éternelle s’ouvre juste devant lui. Jésus l’accepte.

Comment sa prière a-t-elle été exaucée? Comment son Père a-t-il répondu? La réponse la plus grande, c’est le jour de Pâques. La résurrection. La tombe n’a pas eu le dernier mot. Elle a été vaincue.

Jésus accepte d’obéir. Son obéissance c’est cet amour avec lequel il va jusqu’au bout. La Bonne Nouvelle pour nous aujourd’hui ; En Jésus Christ Dieu s’est engagé pour nous au risque même de se décrédibiliser. Ce qui signifie qu’il nous fait confiance.

Jésus est le plus grand de tous et serviteur de tous. Le Christ a partagé notre sort. Il s’est abaissé plus encore, poussant l’obéissance jusqu’à la mort, la mort sur la Croix. Et c’est la croix est le seul lieu possible de notre restauration. Elle est au fond une théologie de la restauration, orientée vers la résurrection, le relèvement, le nouveau départ.

En nous laissant toucher par le Christ, nous nous mettons en mouvement. Et sur ce chemin de grâce nous sommes d’une certaine manière dans l’apprentissage et Christ aussi a appris l’obéissance. Mettons donc Jésus-Christ, notre frère et ami comme collaborateur au cœur de notre existence personnelle et professionnelle pour pouvoir discerner la volonté de Dieu et aussi pour pouvoir répondre aux questions suivantes :

  • Et moi, à qui je m’obéis ? (en tant que patron personne est au-dessus de moi ?)
  • Quel esprit nous anime ? Esprit de Babel de Jérusalem ? L’esprit de ma force ou de mon intelligence ? L’esprit de l’équipe ou de l’entreprise ? Ou l’Esprit de Dieu, feu et lumière ?

Dès lors, à nous de nous engager, de prendre le risque d’oser l’Évangile, d’oser croire, dire et bâtir dans nos entreprises et dans nos vies. Amen.