Article de la revue

Ne former qu’un seul corps

Publié le 01/05/2017

Selon le principe de participation, « on ne fait pas le bonheur des gens sans eux. » Il est nécessaire d’associer nos partenaires et collaborateurs aux décisions.

Il y a quelques années, engagés dans l’animation de centres de vacances, nous parlions beaucoup de direction participative et de cogestion. Ces notions ont certes évolué mais demeurent d’une brûlante actualité. « On ne fait pas le bonheur des gens sans eux » : ce proverbe met en lumière la nécessité d’associer nos partenaires ou nos collaborateurs aux décisions. C’est aussi ce qui ressort de l’entretien croisé du père B. Roger et de Ph. Hyvert : « on n’est jamais déçu quand on fait confiance aux hommes. » Tout ce qui peut favoriser le climat de confiance doit être mis en œuvre (partage d’information, partage des responsabilités dans l’élaboration du projet d’entreprise jusqu’à la participation aux bénéfices). La clé pour créer ce climat de confiance est la collégialité et le travail en équipe. Ce n’est pas toujours facile mais l’essentiel, c’est que les gens aient envie de travailler ensemble.

La participation est un état d’esprit qui lorsqu’il est insufflé en entreprise peut devenir source d’épanouissement.

Dans un groupe où les compétences sont partagées, l’imagination et la créativité sont elles aussi stimulées. Si on prend le temps nécessaire pour s’écouter, des divergences de point de vue peuvent sinon s’harmoniser, du moins s’exprimer. On évite ainsi des conflits souvent liées à la précipitation et à l’urgence. La participation est un état d’esprit qui lorsqu’il est insufflé en entreprise peut devenir source d’épanouissement. L’amour du travail bien fait et la solidarité s’y développent dans la construction d’un projet commun. Si cette solidarité se manifeste aussi dans les périodes difficiles, dans les échecs comme dans les réussites, alors le pari est gagné, preuve de la solidité des liens entre collaborateurs. Le management participatif et la collégialité valent la peine d’être essayés. Ils favorisent la dignité de la personne et la cohésion de l’entreprise.

Jean-Jacques GEHENN, pasteur, conseiller spirituel de l’équipe EDC Piémont-des-Vosges.

La participation concerne aussi la vie de l’Église. La mission sacerdotale est celle de tout le peuple chrétien. Dans la première épître aux Corinthiens, chapitre 12, l’apôtre Paul parle de la diversité des membres et de l’unité du corps : « En effet, le corps est un et pourtant, il y a plusieurs membres, mais tous les membres du corps, malgré leur nombre, ne forment qu’un seul corps » (v. 12). Le père Barnérias insiste sur la synodalité de l’Église, à savoir le fait de marcher ensemble, de se réunir pour tenir conseil et s’accorder sur la direction à prendre. C’est aussi une des caractéristiques fondamentales des Églises protestantes qui fêtent cette année le 500e anniversaire de la Réformation. L’organisation des Églises protestantes est de type presbytérien-synodal. Au niveau local, la paroisse est dirigée par un conseil presbytéral responsable de la vie spirituelle et matérielle de la communauté. C’est lui qui élit son pasteur. Au niveau national, le synode est composé à parité entre pasteurs et laïcs. Cette organisation est marquée par la collégialité et la limitation des mandats. En conclusion, nous sommes tous en chemin, invités à mettre nos dons et nos compétences au service du Christ et de nos frères et sœurs en humanité.

 

Marchons ensemble

Que les plus actifs s’arrêtent pour réfléchir et évaluer.

Que les plus négligents reprennent courage et entendent l’appel que tu leur lances.

Que les plus sceptiques se laissent pénétrer de ton esprit.

Car c’est toi, Seigneur qui nous mets en route.

(Prière de Francine Robillot, L’aumône de feu)