Article de la revue

« L’amour de l’ennemi au coeur de la conversion »

Publié le 01/09/2018

Sigrid Marz, « chasseuse de têtes », est membre de l’Adic, l’Association chrétienne des dirigeants et cadres en Belgique. Cette « intrapreneur chrétienne » nous livre quelques éléments de son parcours qui l’ont conduite dans ce mouvement des patrons chrétiens belges.

Comment en êtes-vous venue à créer votre activité en Belgique?

SigridMarz. Je viens d’une famille d’entrepreneurs. Après une première expérience de cinq ans au sein du cabinet d’audit financier Ernst&Young, j’ai découvert l’activité qui est devenue ma profession : le recrutement de cadres dirigeants. Ainsi, j’ai « fondé », avec mes collègues, une PME au sein d’une entreprise multinationale. Les clients me con aient des affaires qui justifiaient qu’un jour je sois nommée associée. C’était à Bruxelles, ville où j’ai rencontré mon mari, le même mois où j’ai accepté ce nouveau travail.

Quel enseignement de la Bible 
vous inspire?

S. M. L’amour de l’ennemi (Mt 5, 43-48) ! Les théories économiques sont fondées sur des notions de stratégie de guerre, de concurrence et de gain. Chez saint Matthieu, nous apprenons que l’amour de l’ennemi est au cœur ou au bout de la conversion chrétienne. Dans la vie de tous les jours, c’est un combat spirituel quotidien que de respecter autrui avec sa liberté, ses avantages, ses succès. Lors de mes études en sciences commerciales, j’ai appris à penser concurrence et compétition. Aujourd’hui, j’essaie de m’appuyer sur les mains du Seigneur s’Il me donne de « gagner », un peu comme Moïse à qui deux personnes tenaient les bras (Ex 17, 12), en fournissant un travail de qualité ou d’athlète me disant que « la force des chevaux n’est pas ce qu’Il aime, ni la vigueur des guerriers ce qui Lui plaît » (Ps, 147, 10). Je partage certaines missions avec des collègues plutôt que de les accomplir seule et je rends les armes après un match contre un meilleur joueur.

Avez-vous eu une occasion particulière de voir l’action de l’Esprit Saint dans votre entreprise ?

S.M. J’avais une assistante qui 
faisait bien son travail quand
elle n’avait pas de migraine
mais elle était absente environ
une semaine par mois. Elle ne
pouvait pas assumer son travail parmi les assistantes qui
 devaient, à tour de rôle, se remplacer entre elles. J’ai demandé 
au Directeur du bureau d’être
 présente quand il lui annoncerait
 son licenciement. Je cherchais des solutions lorsque, lors de la période du préavis qu’elle devait prester, un poste où son absence poserait moins de problèmes s’ouvrait dans un autre département. Nous avons donc annulé son préavis et elle a pu rester dans l’entreprise. Lors de la Christmas Party de cette année, son costume était primé comme le plus beau par les 70 collaborateurs de la société. Peut-on y voir un peu de l’option préférentielle du Seigneur pour les pauvres ?