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L’Économie de François : des jeunes EDC témoignent de leur engagement pour une économie du bien commun

Publié le 23/11/2020

Prévu initialement en mars, l’événement international « L’économie de François » s’est finalement tenu en ligne des 19 au 21 novembre. Jeunes entrepreneurs et « acteurs du changement » s’étaient donné rendez-vous à l’appel du pape François. Parmi eux, deux membres EDC témoignent de leur engagement professionnel et personnel envers une économie plus juste, inclusive et ayant le souci de la création. 

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“Un temps de parenthèse dans mon quotidien d’entrepreneur”

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Sébastien Cléry, 32 ans, marié, un enfant, vit et travaille à Toulouse. Après un parcours dans la finance, des études en mathématiques et en économie à l’université et à l’international, il décroche en 2011 un poste à Amsterdam au sein d’une grande compagnie d’assurances. Trois ans plus tard, un plan social le pousse à s’interroger sur lui-même et sur ses aspirations profondes. En 2016, il crée une société qui édite des logiciels de prévention des risques en entreprise. Une petite structure qui compte actuellement trois salariés. Il est membre des Entrepreneurs et dirigeants chrétiens

“Je me bats pour développer mon business et gagner ma vie. J’apprends beaucoup. Lorsque j’ai discerné ma création d’entreprise, je cherchais à remettre du sens dans mon travail et à l’orienter vers plus d’harmonie pour que progressent ensemble les écosystèmes humains, professionnels et personnels. Je suis heureux de répondre à l’invitation du pape et de participer à l’évènement L’Économie de François. Je l’envisage comme un temps de parenthèse dans mon quotidien très terre à terre, comme un temps de ressource. J’ai continuellement les mains dans le cambouis pour maintenir un certain équilibre, je ne vois pas bien comment je vais sauver le monde ! Mais le côté rassemblement avec d’autres personnes de ma génération m’attire. J’espère être surpris et vivre des rencontres inattendues ! Parmi les intervenants, j’ai noté la participation de Muhammad Yunus, prix Nobel de la paix, créateur d’un système de microfinance au Bangladesh. Je me suis beaucoup intéressé à sa démarche. Dans son équation, l’argent est une variable parmi d’autres (l’environnement humain, économique, écologique), pas au-dessus des autres : elle reste au service du projet. C’est bon de se le rappeler ! Je vis, aujourd’hui, la réflexion pour une économie plus juste, plus soucieuse du bien commun davantage comme une posture personnelle plutôt qu’un écrit dans les statuts de mon entreprise. Je me pose les questions de la finalité, du lien avec Dieu dans chaque interaction humaine, clients, prospects, etc. : suis-je en train de grandir, suis-je connecté à la bonne source ? Avec cet évènement international en ligne, je vais peut-être prendre une claque, voir les choses différemment, revenir avec des propositions à mettre en œuvre rapidement ou avec de bonnes graines…”

“Apporter sa pierre au débat”

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Ludovic Gaudefroy, 32 ans, marié, trois enfants, vit et travaille dans l’Aisne. Manipulateur radio IRM de profession, il développe depuis deux ans une activité parallèle de nettoyage et de fleurissement des tombes. Il est membre des EDC de Soissons. Chaque été depuis quatre ans, il rejoint Lourdes comme hospitalier.

“À la base, je n’avais pas prévu de devenir chef d’entreprise. Mais ce projet mené en commun avec mon associé est une autre façon de donner du sens à mes idées. Sur les conseils d’amis et de prêtres, j’ai rejoint l’équipe de EDC à Soissons. Cela m’a tout de suite beaucoup apporté, surtout dans la vision d’une structure à la fois humaine et économiquement viable. J’ai hésité avant de répondre à la proposition de la rencontre L’Économie de François, car je ne me sentais pas à la hauteur de ce rassemblement et de sa dimension planétaire. Mon associé, qui ne peut y participer du fait de son âge, m’a beaucoup encouragé. Je me suis rendu compte que le sujet touche tout le monde, j’en parle facilement avec mes collègues à l’hôpital. Chacun peut apporter sa pierre au débat sur l’écologie et l’économie. Avec notre entreprise, nous souhaitons rendre service aux personnes, souvent éloignées géographiquement et déjà vieillissantes. Nous leur apportons une écoute attentive pour mieux les comprendre et mieux travailler. Notre modèle est simple : nous faisons le choix de protéger la planète et nos clients en utilisant uniquement des produits locaux, naturels et surtout de l’huile de coude. L’entreprise grandissant, nous comptons employer des personnes en marge de la société, fragiles ou handicapées. À la suite des encycliques Laudato Si’ et Christus vivit, le pape renouvelle sa confiance envers les jeunes, cette démarche me touche beaucoup. C’est comme s’il nous donnait les clés de la société de demain en nous disant : “Allez-y !” Quelle chance et quelle responsabilité ! Parmi les douze villages thématiques proposés, j’ai choisi “Business and peace”. J’espère que l’on travaillera à de nouvelles solutions, directement applicables. Laissons œuvrer la grâce !”

Propos recueillis par Florence de Maistre pour eglise.catholique 


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