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La confraternité contre la crise – témoignage d’un couple EDC dans l’événementiel

Publié le 27/10/2021

Rencontre avec Adeline et Édouard de Lambilly, propriétaires du château de la Pigossière à côté de Nantes et membres de l’équipe EDC Nantes 1 – Émile Decré. Ce couple dirige cet établissement qui accueille des événements privés (mariages) et professionnels (séminaires d’entreprises, dîners de gala…), tout en organisant la partie traiteur de ces réceptions. Touchés de plein fouet par la crise sanitaire et ses restrictions, ils reviennent sur ce qui a bouleversé leur activité.

(c)la Pigossière

Quand ils décrochent leur téléphone en cette toute fin juillet, Adeline et Édouard de Lambilly débutent leurs vacances, repos bien mérité pour eux et leurs équipes, après un mois passé à un rythme plus que soutenu : « Nous avons organisé jusqu’à cinq mariages par semaine, explique Édouard de Lambilly. Les équipes avaient aussi besoin de souffler, tout comme nous. Nous nous permettons donc de fermer trois semaines, ce que beaucoup de gens ne comprennent pas. Mais cela entre dans la logique du bien commun. L’humain est tellement important dans nos équipes, qui consacrent tous leurs week-ends, sacrifiant parfois leur vie de famille pour être au service des autres, qu’il est important pour nous qu’ils aient des moments de répit. Cela nous paraissait inconcevable de priver nos salariés et leurs familles de vacances… »

Équilibre personnel et familial

Pour ce couple de dirigeants, l’équilibre personnel et familial de leurs employés est primordial. Et il l’était tout autant lorsqu’il s’est agi de traverser cette crise sanitaire débutée il y a maintenant un an et demi. Avant mars 2020, tout se passait pour le mieux pour Adeline et Édouard de Lambilly, à la tête de l’entreprise depuis une vingtaine d’années. Le couple avait repris l’affaire familiale après le décès du père d’Édouard qui avait alors quitté son activité d’expert-comptable et commissaire aux comptes. « Nous avons décidé de reprendre la Pigossière non pas pour des pierres, mais bien pour ses salariés, précise l’intéressé. Les équipes étaient super, et je ne me voyais pas les licencier. » C’est ainsi que le couple change de vie. Quand a été annoncé le premier confinement, comme cela a été le cas pour tous les restaurants et lieux de réception, ils ont été obligés de suspendre leur activité du jour au lendemain : « On ne s’y attendait pas, se souvient Adeline, cela a duré jusqu’à la mi-juillet, puis recommencé entre la mi-octobre 2020 et la mi-juin 2021. C’est simple : depuis le début de la crise Covid, nous n’avons travaillé que sept mois.»

Une baisse d’activité de 80 %

Si certains mariages sont reportés, les événements professionnels (qui représentent 40 % du CA) sont tous annulés de façon catégorique et sans report, dès la mi-mars 2020. Résultat, l’activité baisse de 80 % et le chiffre d’affaires s’effondre de près d’un million d’euros. Malgré le contexte, les entrepreneurs décident de soutenir la dizaine de salariés : « Nous avons essayé de maintenir l’intégra-lité des salaires de notre personnel, je ne me suis pas versé de salaire pendant 12 mois, précise Édouard de Lambilly. Nous avons injecté de l’argent pour compenser, et même si la situation était difficile, c’était un pari sur l’avenir, mais aussi une récompense pour nos équipes. Et lors de la reprise – qui a été intense – nous avons eu des équipes au garde à vous ! Finalement, le plus dur a été de gérer, au quotidien, les annulations et les reports, mais aussi les angoisses des futurs mariés… Il a fallu faire preuve de beaucoup de psychologie, de bienveillance et d ’accompagnement. »

Accompagner une nouvelle équipe EDC.

Si la crise sanitaire n’a pas été l’occasion d’entreprendre de gros investissements (ils sont réalisés au fil du temps), elle a permis aux dirigeants du Château de la Pigossière d’échanger avec leurs concurrents : « Nous étions tous dans la même galère, explique Édouard de Lambilly. Nous avons créé une confraternité assez forte entre nous, en nous appuyant sur nos expériences respectives, pour essayer de faire bouger les pouvoirs publics et faire une sorte de lobbying qui, je crois, restera après la crise.» L’arrêt forcé leur a aussi donné plus de temps. L’occasion pour eux de s’engager davantage, en acceptant d’accompagner la création d’une nouvelle équipe EDC (Nantes – Saint-Joseph). Là encore, un défi pour le couple, membre du mouvement depuis une dizaine d’années, habitués aux réunions d’équipes en présentiel et aux grands rendez-vous comme les Assises nationales et régionales. Il a fallu s’adapter avec des rencontres par écrans interposés, en essayant de créer un esprit d’équipe pour maintenir l’enthousiasme des jeunes recrues. Si leur activité est repartie à 100 à l’heure au début de l’été, le couple a bien l’intention de continuer à se dégager du temps pour se mettre aux services des autres, en dehors de leur entreprise.

La crainte d’un nouvel arrêt

Encore aujourd’hui, le Château de la Pigossière n’a pas encore retrouvé son fonctionnement d’avant, il a fallu s’adapter afin d’appliquer le protocole sanitaire mis en place dans la restauration, et notamment le port du masque obligatoire en intérieur. Pas toujours facile à faire respecter lors d’un mariage ! Édouard rêve d’un retour à la normale, et compte bien sur le pass-sanitaire pour cela, tout en craignant un nouvel arrêt. Face à l’incertitude, le couple confie ses doutes dans ses prières. « Nous avons sur-sollicité saint Joseph, reconnaît, en souriant, Adeline. Même si nous sommes d ’un naturel confiant, nous restons réalistes et ne sommes pas sereins, car il y a encore du brouillard à l’horizon !» Et son mari de poursuivre : « Tous les jours, je rends grâce pour avoir passé cette crise avec mon épouse à mes côtés. Sans elle, cela aurait été beaucoup plus compliqué ! » Les époux réfléchissent déjà à l’après Covid, qui laisse deviner une tendance, encore renforcée par la crise : la baisse du nombre de mariages. «Si cela se confirme, il va falloir s’adapter et travailler différemment, voire réfléchir à réduire notre activité si cela est nécessaire» conclut le dirigeant.

Par Gautier Demouveaux, article intégral extrait de la revue Dirigeants Chrétiens n°108 « Les défis de la reprise »