Actualité des EDC

Jeudi 26 mars – Chemin de Carême avec les EDC

Publié le 26/03/2020

Nous poursuivons pas-à-pas cette prière commune aux EDC. Les conseillers spirituels nous accompagnent. Aujourd’hui, le P. Antoine d’Eudeville, curé de Notre-Dame des Champs (VIe) et conseiller spirituel régional de Paris, nous guide dans ce temps de ressourcement.


R. Viens Esprit de Dieu, Viens, ô viens,
Emplis-nous de ton feu, Esprit de Dieu.

Abba Père, tu es mon Père.
L´Esprit me fait crier vers toi
Je suis ton enfant, je me tiens devant toi,
Envoie ton Esprit très Saint.


PSAUME 105 (106), 4ab.6, 19-20, 21-22, 23

R/ Souviens-toi de nous, Seigneur,
dans ta bienveillance pour ton peuple.
 (cf. Ps 105, 4)

Souviens-toi de moi, Seigneur,
dans ta bienveillance pour ton peuple.
Avec nos pères, nous avons péché,
nous avons failli et renié.

À l’Horeb ils fabriquent un veau,
ils adorent un objet en métal :
ils échangeaient ce qui était leur gloire
pour l’image d’un taureau, d’un ruminant.

Ils oublient le Dieu qui les sauve,
qui a fait des prodiges en Égypte,
des miracles au pays de Cham,
des actions terrifiantes sur la mer Rouge.

Dieu a décidé de les détruire.
C’est alors que Moïse, son élu,
surgit sur la brèche, devant lui,
pour empêcher que sa fureur les extermine.


Méditation

Ce psaume fait mémoire de l’épisode du « Veau d’or », ce moment où le peuple d’Israël au désert, ne voyant pas Moïse revenir de la montagne du Sinaï, demanda au prêtre Aaron de fabriquer un veau d’or pour l’adorer.
C’est le thème de l’idolâtrie, thème récurrent dans la Bible : confondre le vrai Dieu avec un objet fait de main d’homme, statue ou image, d’animal ou de créature imaginaire…
Quitter l’adoration du seul Dieu vivant et vrai, nous pourrions croire que cette réalité nous concerne peu aujourd’hui…
Et pourtant le psalmiste nous donne ces mots : « avec nos pères nous avons failli et renié ». Le psalmiste n’est certes pas de la même époque que celle du peuple au désert, mais il perçoit que la réalité spirituelle de l’idolâtrie reste un écueil dans lequel « nous » pouvons tomber trop souvent.
Aujourd’hui, les « idoles » peuvent trouver d’autres formes, d’autres contours : l’argent, le pouvoir, le plaisir, une idéologie, une marque, un style de vie, une reconnaissance sociale… érigés en absolus ; et à quoi on est prêt à sacrifier bien des choses (notre temps, des relations humaines, notre relation à nous-même, à Dieu).
Or ces idoles venant prendre la place de Dieu, elles nous détournent de celui qui pourtant est la source de la Vie.
Les conséquences sont inévitablement funestes : l’homme, la société s’autodétruisent, c’est une manière de comprendre ce que la Bible appelle la colère ou la fureur de Dieu.
Dieu livre les hommes aux conséquences de ces actes, mais c’est pour qu’ils puissent changer, en quittant leurs errements.
En effet, Dieu suscite lui-même des hommes et des femmes qui permettent de reconnaître les égarements et qui aident à se tourner avec espérance vers Dieu, source de miséricorde.
« Près de toi se trouve le pardon pour que l’homme te craigne » dit un autre psaume (Psaume 130,4).

Aujourd’hui encore, nous avons des prophètes, des grandes figures, qui nous révèlent les égarements de notre manière vivre, de certains de nos projets de société.
Ils nous rappellent aussi que nous pouvons nous tourner avec une espérance renouvelée vers le Père.

« Dieu ne se lasse jamais de pardonner, c’est nous qui nous lassons de demander pardon »
Pape François


Prière

Que ce temps de pandémie et de confinement
nous soit un temps favorable
pour discerner quelles peuvent être nos idoles
personnelles ou collectives
et demander à Dieu de nous en guérir.
« Le Seigneur est tendresse et pitié, lent à la colère et plein d’amour » (Ps 144)


Notre-Père