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Fête de la Toussaint : message de Mgr Pierre-Marie Carré et méditation du pasteur Luc-Olivier Bosset pour nos Assises Nationales 2020

Publié le 01/11/2020

En ce dimanche 1er novembre, nous devions célébrer la messe de clôture de nos Assises nationales en la cathédrale Saint-Pierre de Montpellier. Elles n’ont pas pu s’y tenir. Mais là où nous sommes, nous pouvons prier et célébrer ce jour du Seigneur et méditer sur le magnifique évangile des Béatitudes.

Que le chant, les textes bibliques, les mots de Mgr Pierre-Marie Carré et du Pasteur Luc-Olivier Bosset viennent nourrir notre prière en ce jour.

Durant ce nouveau temps de confinement, un message vous sera proposé deux fois par semaine (mardi et samedi).

Soyez assurés que tous les conseillers spirituels s’unissent à votre prière, 

Père Vincent Cabanac, a.a.


« Dans la situation difficile que nous vivons ces jours-ci (attentat de Nice et confinement qui ne permet pas à vos Assises de se tenir à Montpellier), entendre les Béatitudes et fêter la Toussaint nous placent devant un autre horizon : celui de l’espérance. Elle ne consiste pas à dire que demain tout ira mieux. Elle nous affirme que le Seigneur est avec nous, dans les jours de peine comme dans les jours lumineux. C’est Lui qui nous donne la force nécessaire pour garder le cap et poursuivre notre mission jour après jour. 
N’oublions pas cette promesse qui introduit chaque béatitude : « Heureux ! ». Nous pouvons en goûter les prémices dans l’expérience, à travers les déceptions et tribulations de nos vies, d’être accompagnés, fortifiés, consolés par Celui qui a promis d’être avec nous, tous les jours de notre vie. »

Bonne fête de la Toussaint !

                       + Pierre-Marie Carré

Archevêque de Montpellier


                    Aujourd’hui est jour de fête (W 47-38-1)

Aujourd’hui est jour de fête : Grande joie au cœur de Dieu !
Avançons pleins d’allégresse
Acclamons le Roi des cieux !

1.Tous les saints de notre église
Rendent gloire au Dieu vivant
Leurs louanges leurs musiques,
Portent jusqu’à lui nos chants.

2. L´univers exulte et danse
En l’honneur du Dieu très haut
Quand il voit la foule immense
Prosternée devant l´Agneau.

3. Tous les peuples sur la terre
Sont conduits par sa beauté
La victoire du calvaire
Les attire vers la Paix.

4. Les eaux vives du baptême
Ont lavé tous les pécheurs, 

Par le sang de Dieu lui-même,
Ils retrouvent leur splendeur.


Entendons le texte des Béatitudes

Entonné selon une mélodie de la liturgie orthodoxe


Evangile de Jésus Christ selon Matthieu (Mt 5, 1-12a)

En ce temps-là, voyant les foules, Jésus gravit la montagne.
Il s’assit, et ses disciples s’approchèrent de lui.
Alors, ouvrant la bouche, il les enseignait.
Il disait :
    « Heureux les pauvres de cœur, car le royaume des Cieux est à eux.
    Heureux ceux qui pleurent, car ils seront consolés.
    Heureux les doux, car ils recevront la terre en héritage.
    Heureux ceux qui ont faim et soif de la justice, car ils seront rassasiés.
    Heureux les miséricordieux, car ils obtiendront miséricorde.
    Heureux les cœurs purs, car ils verront Dieu.
    Heureux les artisans de paix, car ils seront appelés fils de Dieu.
    Heureux ceux qui sont persécutés pour la justice, car le royaume des Cieux est à eux.
    Heureux êtes-vous si l’on vous insulte, si l’on vous persécute
et si l’on dit faussement toute sorte de mal contre vous, à cause de moi.
    Réjouissez-vous, soyez dans l’allégresse,
car votre récompense est grande dans les cieux ! »


Livre de l’Apocalypse (Ap 7, 9-17)

Après cela, je vis une grande foule, que personne ne pouvait compter, de toute nation, de toutes tribus, de tous peuples et de toutes langues. Ils se tenaient devant le trône et devant l’agneau, vêtus de robes blanches, et des branches de palmiers à la main, et ils criaient : Le salut est à notre Dieu, qui est assis sur le trône, et à l’agneau !  Et tous les anges se tenaient autour du trône, des anciens et des quatre êtres vivants ; ils tombèrent face contre terre, devant le trône, prosternés devant Dieu, en disant : Amen ! La bénédiction, la gloire, la sagesse, l’action de grâces, l’honneur, la puissance et la force à notre Dieu, à tout jamais ! Amen !

Alors l’un des anciens me demanda : Ceux qui sont vêtus de robes blanches, qui sont-ils ? D’où sont-ils venus ? Je lui répondis : Mon Seigneur, c’est toi qui le sais ! Et il me dit : Ce sont ceux qui viennent de la grande détresse. Ils ont lavé leurs robes, ils les ont blanchies dans le sang de l’agneau.

C’est pourquoi ils sont devant le trône de Dieu ; ils lui rendent un culte, jour et nuit, dans son sanctuaire.

Celui qui est assis sur le trône les abritera dans sa demeure ; ils n’auront plus faim, ils n’auront plus soif ;

le soleil ne les frappera plus, ni aucune chaleur.

Car l’agneau qui est au milieu du trône les fera paître et les conduira aux sources des eaux de la vie, et Dieu essuiera toute larme de leurs yeux.


Méditation du Pasteur Luc-Olivier Bosset

Conseiller spirituel de l’équipe Montpellier Saint Dominique

L’annulation de nos Assises à la dernière minute nous rappelle combien notre avenir parfois reste incertain. Nous planifions et nous nous projetons. Cependant, des circonstances surviennent et en décident autrement. 

La pandémie que nous vivons ébranle jusqu’aux fondements de notre vie quotidienne. Elle complique profondément notre organisation sociale. Ce qui était assuré hier ne peut plus l’être aujourd’hui.  Dans un tel contexte, notre visibilité est brouillée. Il est devenu difficile de prévoir à moyen et long terme. Cependant, brouillard ou pas, notre mission reste la même : comment aujourd’hui entreprendre pour la maison commune ? Quelles initiatives impulser afin de soutenir les maisons communes que sont notre entreprise, la ville ou la région où nous sommes implantés ? 

Au prime abord, le passage biblique tiré du livre de l’Apocalypse semble très loin de cette réalité et de nos questionnements. La grande foule bigarrée proclamant que « le salut est à notre Dieu » ; cette vision de l’agneau qui conduit vers les sources de l’eau vive chacun.e traversant une grande détresse ; tout cela n’est-il pas déconnecté des besoins urgents et criants de notre société actuelle ? 

Cependant, si nous tendons l’oreille, un mot dans ce récit capte notre attention, tant il est relié avec un besoin que nous ressentons : c’est le mot « salut ». Alors que cette pandémie ressemble à un jour sans fin, alors que les attentats n’en finissent pas, ne ressentons-nous pas au plus profond de nous-mêmes le besoin de goûter au salut ? Oui, qu’est-ce qui pourra nous sauver de toutes ces crises ? 

En creusant l’étymologie grecque de ce mot, nous découvrons que le salut, c’est être mis à l’abri d’un danger. A cela, l’hébreu ajoute la métaphore d’être mis au large. Ainsi, être sauvé, c’est échapper à l’étouffement, c’est recevoir de l’espace nous permettant de respirer amplement. Cette métaphore explique pourquoi dans les psaumes, le verbe « sauver » surgit souvent en opposition au lexique de l’étroitesse.

Dès lors, proclamer « le salut est à notre Dieu », ce n’est pas affirmer que Dieu par un coup de baguette magique viendrait résoudre tous les problèmes. C’est attester que Dieu est celui qui me met au large, celui qui me place dans un état d’esprit où la pression de l’urgence se desserre et où, grâce à ce desserrement, je peux être disponible pour l’important.

De même être sauvé, ce n’est pas être télé-transporté comme par miracle hors des contextes problématiques, mais c’est recevoir un état d’esprit permettant de sortir de l’étroitesse des obsessions, pour envisager les choses à partir d’un vaste et grand horizon. Être sauvé, c’est recevoir d’au-delà de soi les ressources pour passer de l’urgent à l’important. 

Sous la pression de l’urgence, l’esprit est troublé. Il ne peut pas identifier les bonnes et justes initiatives permettant d’édifier la maison commune. Pour édifier et entreprendre, ne faut-il pas d’abord que l’étau se desserre ? 

En se prosternant et en rendant louange, honneur et gloire, cette grande foule bigarrée nous montre la voie par laquelle l’étau commence à se desserrer. Au cœur de l’épreuve, prendre un temps de louange et d’adoration, ce n’est pas fuir nos responsabilités, c’est ouvrir la fenêtre pour aérer la pièce ; c’est nous rendre disponible pour recevoir d’au-delà de nous-mêmes un état d’esprit nous permettant de passer de l’urgent à l’important.


Ecouter le NOTRE PERE


Pour terminer notre prière, nous pouvons réécouter l’hymne des Assises Nationales 2020 

Loué sois-Tu, Seigneur !