Robert Leblanc,
pdg d'AON France
À l’approche des élections, les groupes de pensée ou d’action résument leurs attentes sous forme de textes destinés aux candidats et rendus publics. Les chefs d’entreprise, aux EDC et ailleurs, se soucient de la compétitivité, de l’emploi, des conditions d’un véritable développement durable. Nos propres travaux sur l’emploi des jeunes concourent à l’expression d’une attente vis-à-vis des pouvoirs publics.
Nous avons produit un document, Manifeste pour la première embauche, identifiant les mesures que chaque employeur peut prendre et qui font l’objet d’un manifeste : celles que nous pouvons prendre collectivement et celles que nous attendons des pouvoirs publics. Nous avons mis l’accent sur le manifeste, parce que nous préférons nos propres actes aux demandes adressées à d’autres et nous croyons que nos petits gestes peuvent avoir plus d’effets que de grands discours. Je ne reprends pas ici le contenu du manifeste, disponible en ligne à partir de notre site ou directement sur www.manifestepourpremiereembauche.com.
Mais les pouvoirs publics sont responsables du coût du travail, dont les salaires nets perçus par nos collaborateurs représentent une part toujours plus faible, de sa flexibilité ou encore de l’orientation des formations vers les emplois. Même dans une conjoncture difficile, de nombreux emplois restent non pourvus dans les entreprises et les artisans ont trop de travail, parce que l’enseignement public ne produit pas les profils attendus. Intégrer les débouchés réels dans l’orientation des jeunes, en revalorisant d’ailleurs l’image des métiers manuels, leur bénéficierait et bénéficierait à toute la société.
La flexibilité est essentielle pour une approche dynamique. Quand nous écrivons « préférer les CDI aux CDD » dans notre manifeste, c’est parce que nous croyons que le chef d’entreprise doit faire preuve d’audace et porter lui-même le stress de l’incertitude de l’avenir plutôt que le faire supporter par ceux qu’il embauche. Encore faut-il qu’il puisse licencier. L’état actuel du droit est correct ; mais attention à la tentation pour les pouvoirs publics, en temps de crise, de durcir la protection des salariés ; ce serait contre productif.
Réduire le coût du travail s’impose, c’est-à-dire alléger les charges sociales qu’il supporte, en priorité sur les emplois peu qualifiés. Le financement de la protection sociale devrait être supporté par la nation qui y est attachée dans son ensemble, donc largement par l’impôt. L’exercice n’est pas simple, à cause d’une pression fiscale déjà très lourde, mais la compétitivité et l’emploi l’exigent.
Retrouver une manière d’engager les jeunes de tous horizons dans des œuvres utiles à la collectivité, à la place de l’ancien service militaire, favoriserait l’apprentissage du vivre ensemble et du travail collectif. L’envie de vivre ensemble est essentielle : à quoi bon faire appel à la solidarité si cette envie n’est pas enracinée en nous ?
Alors je conclurai ces quelques mots tournés vers les candidats à l’élection présidentielle en leur disant : donnez-nous envie de vivre en France, donnez-nous envie d’investir en France, donnez-nous envie de recruter en France, donnez-nous envie de vous faire confiance pour notre bien commun, et nous y travaillerons pour notre part !