Origine de la question
La responsabilité économique et chrétienne du chef d'entreprise renvoie aux décisions qu'il prend, et plus encore à celles qu'il omettrait de prendre.
Pourquoi un pouvoir dans l'entreprise ?
Pour fixer des objectifs.
Pour déterminer et choisir des voies qui conduiront à cet objectif.
Pour choisir des hommes qui réaliseront, et leur organisation.
Pour choisir les moyens matériels et financiers.
Pour réunir toutes les énergies dans la direction fixée.
Pour répartir le produit de l'action.
Pour sanctionner coopération et déviance.
Exercer le pouvoir est un service indispensable pour que l'entreprise existe. Ce pouvoir n'est pas absolu, il existe d'autres pouvoirs qui le déterminent ou le limitent.
Devoirs corrélatifs
Devoir d'écoute : écouter toutes les parties concernées afin de décider en connaissance de cause.
Devoir de mesure : savoir évaluer la limite de ses possibilités.
Devoir d'humanisme : prendre en compte tout l'homme et tous les hommes.
Devoir de subsidiarité et de délégation : faire confiance aux hommes dès le plus bas niveau et leur donner l'occasion d'exercer toutes leurs capacités.
Devoir de développer les hommes : capacités techniques, d'intelligence, d'initiative, de décision, de relation.
Devoir de justice : sans faiblesse, sans favoritisme, sans raideur ni susceptibilité, en pleine transparence.
Devoir d'information dans la vérité.
Devoir d'exemplarité : agir à tout instant, même en privé, en accord avec ce que l'on demande aux autres.
Savoir obéir : se soumettre aux objectifs supérieurs de la société, de la morale, de la charité.
Le "maître" peut-il être "serviteur" hors de l'amour fraternel ?
Recherche d'une plus grande liberté d'action
Déréglementation (prix, salaires, embauches...).
Défense de l'autonomie de l'entreprise (fonds propres, diversité de la clientèle, propriété industrielle, etc...).
Autorité personnelle à développer.
NB : Les marges de liberté croissent toujours avec la projection dans l'avenir.
Les décisions majeures ont des composantes éthiques, mais, réciproquement, le chef d'entreprise chrétien doit veiller à se donner les moyens "d'exercer la justice, la miséricorde, et de lutter contre le mal" (Serment de Reims). Cela peut renvoyer au devoir de s'informer et plus encore à la puissance et l'efficacité de sa propre communication.
J. MULLIEZ et M. BETOUS