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 Dirigeants Chrétiens n°51 - Janvier-Février 2012


 SOMMAIRE


ACTUALITÉ
Regard de Bernard Poulet, rédacteur en chef de L’Expansion
Tribune libre de François Content, directeur général d’Apprentis d’Auteuil
 
DOSSIER : ENTREPRENEURS ET POLITIQUES AU SERVICE DU BIEN COMMUN
Pourquoi s’intéresser au bien commun ? S’il est bien, c’est qu’il n’est pas mauvais et qu’il mérite intérêt et considération. S’il est commun, c’est qu’il est à partager avec les autres. Alors que l'équilibre des pouvoirs entre le monde politique et le monde économico-financier est interrogé en vue des prochaines élections présidentielles, ce numéro essaye de dégager des pistes de réflexion pour définir les contours du bien commun pour tous et du bien particulier à chacun. Les chemins empruntés par les témoignages et paroles d’experts de ce numéro accompagneront notre réflexion.
 
Témoignages
- « Propositions d’un chef d’entreprise aux futurs candidats » : Robert Leblanc, pdg d’AON France
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- « Faire confiance aux patrons » : Bertrand Cuny, ancien maire de Saint-Cloud et président du conseil de surveillance de Vygon
- « Le bien commun : un aimant pour polariser toutes les énergies » : Monseigneur Podvin, porte-parole de la Conférence des évêques de France
- « Les entreprises sont un maillon du bien commun » : Philippe Vasseur, président du conseil de surveillance de Crédit mutuel Nord Europe et président du Forum mondial de l’économie responsable
- « Régénérer l’engagement politique » : Jean-Christophe Fromentin, directeur d’Export Entreprises, maire de Neuilly-sur-Seine
- « Participer à la vie de la cité, un devoir » : Eduardo Aninat, directeur général de la fondation Uniapac
- « Quand le pouvoir fait son cinéma » : Louis Vaudeville, producteur et président de la société CC&C
 
Regard théologique
« Le modèle du serviteur qui fait le bien pour tous » : pasteur Alain Joly, Eglise luthérienne de Paris
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Parole d’expert
« Le bien commun en déshérence » : Paul Dembinski, professeur d’économie à l’université de Fribourg et directeur de l’Observatoire de la finance à Genève
 
Questions pour aller plus loin avec le dossier
 
PAROLE ET SOURCES
- Actes de Apôtres 19, 24-27 ; 29, 32 : invitation à prier avec cette page de la Bible de Marie-Christine Bernard, théologienne
- « Seigneur, donnez-moi le sens de l’humour » : prière de Sir Thomas More
 
RENCONTRE avec Jean-Christophe Parisot, sous-préfet en charge de la Cohésion sociale et de l’Égalité des chances pour le Languedoc-Roussillon
 
PARTENAIRES
- Les entretiens de Valpré
- Les Chantiers du Cardinal
- L’Œuvre d’Orient
 
VIE DU MOUVEMENT
- Assises nationales 2012
- Université d’automne 2011
- En régions :
   - Rhône-Alpes : à Grenoble, intervention de Bertrand Collomb
   - Aquitaine : Arnaud de Leissègues succède à Bernard d’Echallens à la présidence de la région
   - Alsace : rencontre spirituelle dans les Vosges
   - La parole aux régions : région Picardie
 
REGARD SUR LA CRISE
« Du sang, de la sueur, des larmes »… et de l’espérance ! : Bertrand Macabéo, directeur général de Kompass International
 
UNIAPAC
Bureau Afrique à Dakar, octobre 2011
 
LIVRES
Notes de lecture par Emmanuel Jahan
 
LES EDC DANS LES MEDIAS
Le Manifeste pour la première embauche

 EDITORIAL


VERS UN NOUVEAU VIVRE ENSEMBLE

par Françoise Vintrou, rédactrice en chef de Dirigeants Chrétiens

Comme moi, vous avez entendu dire qu’il est inconvenable de parler politique ou religion en famille pour éviter éclats de voix et fâcheries. Bien que nous soyons « en famille », ce numéro aborde entreprise, politique et religion. En effet, il est impossible d’éviter cette question en ce début d'année d'élection présidentielle. La politique suppose de donner la préférence des hommes sur les choses. Aussi avons-nous choisi d'aborder le sujet avec la notion du bien commun comme horizon. Commençons par essayer une définition du bien commun : « bien » est « ce qui est bon » et « commun » est « ce qui appartient à plusieurs ».
 
Aujourd’hui, le caractère individualiste dominant peut donner l’impression de s’être substitué au bien commun. Toute la vie sociale, économique, politique s’organise autour de l’individu, en politique comme en économie. Le bien commun aurait-il disparu ? Non, bien évidemment ! Le bien commun est la fonction primordiale à partir de laquelle on se détermine pour apprécier une situation. Ce point essentiel prend en compte non seulement les avantages matériels, les intérêts financiers, mais les valeurs éthiques, morales, culturelles, spirituelles. En général et pour chacun. Ainsi, chef d’entreprise comme politique ont un même intérêt à cultiver le « vivre ensemble ». Cependant vivre ensemble nécessite de définir les contours, d’avoir une vision.
 
La vie avec les autres est une chose mais prendre le temps d’une distance pour discerner en est une autre : cette capacité de prendre de la distance est précieuse pour découvrir l’essentiel et accueillir l’autre. La rencontre de l’autre ne peut se faire sans débat pour nourrir et fonder le sens. Nous avons tous en tête, des débats célèbres qu’ils soient anciens (disputatio, cher aux Réformés), ou plus contemporains (débats télévisés de femme ou homme politiques).
 
Dans notre monde en mutation profonde, n'est-il pas temps de rétablir la confiance dans la parole de chacun, de faire confiance aux politiques?
 
N’est-il pas temps de cultiver, sans naïveté, le troisième point de la devise de la République – liberté, égalité, fraternité – non par oubli des deux précédents mais parce qu’il rejoint un essentiel de notre foi chrétienne, le « vivre en frère » de l’Évangile ?
N’est-il pas temps de cultiver l’espérance ?
Nous sommes tous dans le même bateau. J’aime imaginer que notre bateau, plutôt qu’au Titanic, ressemble à l'Arche de Noé…