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 Assises régionales de Bretagne - 26 mars 2011


Statue de Surcouf




AVANCER AU LARGE
ou
Comment oser la mission de chrétien
dans l'aventure de l'entreprise ?



Le 26 mars à Saint-Malo

- Comment faire adhérer les équipes aux missions et objectifs de l'entreprise ?
- Comment célébrer les réussites de mon entreprise ?
- Dans les tempêtes, comment partager ma confiance et mon espérance ?
- Où est la source de mes discernements dans mes décisions d'entrepreneur ?

" Dieu n'appelle pas des gens capables
Dieu rend capable ceux qu'Il appelle "
Jean-Marie Lustiger


Synthèse des Assises par Paul Ferec, membre de Quimper Saint Ronan

C’est dans la cité intra muros avec ses remparts et ses ruelles étroites, sa cathédrale que se sont tenues les Assises régionales 2011 des EDC de Bretagne. L’équipe de St Malo, autour de Béatrice Foucat, avait réuni un plateau intéressant d’intervenants. Les participants avoisinaient la centaine. Mgr Souchu, évêque auxiliaire de Rennes, Dol et Saint Malo et conseiller spirituel régional des EDC de Bretagne, nous fit l’amitié de s’associer à cette journée.

Elle commença par la séquence de l’Évangile sur  la pêche miraculeuse et par  une invocation à l’Esprit Saint. Patrick Mercier, président régional, se chargea de l’introduction. Il fit le lien avec les Assises nationales 2010 à Besançon dont le thème était « Tenir le cap ». La métaphore marine était aussi de mise à cette réunion de St Malo « Avancer au large  ou comment oser la mission de chrétien dans l’aventure de l’entreprise ». Ce n’est pas seulement des produits et des services qu’il faut être capable de mettre sur le navire de l’entreprise mais aussi des valeurs. Des valeurs qui permettent de tracer la route.

Xavier Debontride, journaliste économique, fut le Monsieur Loyal, gardien du temps, du thème et du tempo, n’hésitant pas à relancer les questions aux intervenants de la tribune et de la salle. François Marty, en vareuse  cachou de marin pécheur, témoigna de son parcours singulier de chef d’entreprises. Il se présenta comme un " chrétien patron " plutôt que " patron chrétien ". Il dirige des entreprises de réinsertion dans le Nord de la France. Il a été gamin des banlieues jusqu’à 16 ans, d’où il est parti faire un  séjour à l’Abbaye de Tamier  en Savoie. Il y a appris les codes de l’emploi, les exigences du travail bien fait. Il en a gardé une connaissance familière des récits de la Bible dont il émaille ses propos, comme des éclairages supplémentaires. Au tournant du siècle, il a été le chef de cabinet du Secrétaire d’État à la Solidarité au ggouvernement. Il  dirige maintenant plusieurs entreprises de réinsertion dont une de débardage en forêt où la force de traction est exercée par des chevaux. " Apprendre à des gamins de 18-20 ans à s’occuper de chevaux, c’est une des meilleures approches pour les aider à s’en sortir. " Autre activité, lancer la construction de 27  logements sociaux de haut de gamme en matière écologique, à base de bois et d’argile. Et ce avec des modes de financement et  des taux d’intérêt les plus bas du marché. L’entreprise est bien un terrain d’aventures et d’innovations permanentes.
François Marty ponctue ses propos de quelques phrases choc : " La lumière n’est pas faite pour qu’on la regarde mais pour éclairer ". 
" La tour de Babel n’a pas marché. Avant de faire des fondations, il faut savoir jusqu’à quelle hauteur s’élèvera le gratte ciel. "
" L’appel de Dieu a quelque chose d’inattendu : va vers le pays que je te montrerai, dit Dieu à Abraham en partance pour la terre promise".
" Nous sommes tous appelés. Comment incarner tout cela ? "  
" Le Chemin n’existe pas. C’est parce que l’on marche qu’il existe. " 
Après quoi on court ? Il y a des idéaux qui ressemblent à des esclavages. L’encadrement de ses entreprises représente deux fois et demi le SMIC.

Raphael Doutrebente raconte son expérience de DRH dans une compagnie maritime, pendant cinq ans. Dans cette entreprise à forte syndicalisation, il y avait un conflit social tous les mois avant son arrivée. Le métier de marin est  stressant, avec ses contraintes horaires et de sécurité sur une des mers les plus fréquentées du monde, le tout dans un climat de concurrence commerciale exacerbée. Le travail a consisté à étudier les conditions de travail et à aider le personnel de tout niveau à se donner une vision de son devenir, en s’appuyant sur les organisations syndicales. C’est un dialogue qui prend beaucoup de temps sur les sites d’accostage des bateaux. Il faut tenir de part et d’autre les engagements pris. "Je n’ai pas un discours différent dans l’entreprise et dans ma famille." 

Philippe Royer, vice-président national des EDC, rappela les objectifs du mouvement. Les temps forts comme ceux des Assises, les réunions d’équipe permettent de progresser dans l’intelligence de la Foi. Il convient de se développer : l’objectif est d’arriver à 2400 membres. Il passe par une cohérence des activités aux niveaux local et régional. L’accent est mis actuellement sur l’emploi des jeunes et la réinsertion des prisonniers ; " Il nous faut sortir de cet enfouissement  qui semble nous caractériser." Grandir dans la Foi passe par de la formation ;  il y a des équipes qui ont besoin d’avoir du contenu dans leur réunion. Il nous faut enfin faire partager notre espérance, en acquérant une vision positive du monde. Notre trésor à partager, c’est la pensée sociale de l'Église.

Florence Bonnier, responsable du Spi Breizh, présentera ensuite ce projet de fonds de dotation lancé par l’Archevêque de Rennes Dol St Malo,  Mgr Pierre d’Ornellas, avec l’appui des trois autres évêques de Bretagne. Il a pour but de lancer des initiatives et des projets en direction des jeunes, notamment à Rennes et Ste Anne d’Auray .
L’après-midi commença par une table ronde .Y participèrent Xavier Champs de l’entreprise Siam Agencement (28 salariés à St Malo), Christophe Herriau, maître de conférences à l’IGR de Rennes, Raphaël Doutrebente et François Marty. Ils abordèrent plusieurs thèmes
- comment faire adhérer les équipes aux projets de l’entreprise ?
- comment célébrer les résultats de l’entreprise ?
- comment partager ma confiance et mon espérance ?
- où est la source de mes discernements ?
On retiendra la volonté des participants d’être à l’écoute de leur personnel, de reconnaitre sa qualité, en admettant que l’entreprise ne puisse  pas être tout pour lui. Il fut dit que la sécurité de l’emploi n’est plus au rendez vous, notamment dans les PME. es jeunes diplômés aspirent à entrer dans les très grandes entreprises ou dans l’administration. C'st ce qui nous distingue de l’Allemagne où les PME sont les ossatures des Länder. ne chose est sûre le personnel est toujours fier de montrer ses outils de travail à la famille ouà des visiteurs à l’occasion des portes ouvertes.

Cette journée se termina à la cathédrale par la célébration d’une messe présidée par Mgr Souchu.
Voici 500 ans c’est ici dans ce lieu que Jacques Cartier vint se recueillir avant de mettre le cap sur le Nouveau Monde.
Dehors les ruelles étaient envahies de visiteurs, découvrant ou redécouvrant ces lieux chargés d’histoire qui ont su tirer parti des richesses océanes " en avançant plus au large ". Cette fois, en remettant le facteur humain au cœur de l’entreprise aux cotés de ses autres composantes.

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